Parlons du vrai prix de l'IA avec un vrai expert
K02:R36

Parlons du vrai prix de l'IA avec un vrai expert

Deskrivadur ar rann

Cette semaine sur RdGP, on reçoit Cyril (qui nous a écrit sur le Fédiverse pour nous dire qu’on avait dit n’importe quoi mais on est ouvert à la critique) pour parler du vrai coût de l’IA générative, de la francisation des termes de l’IA par le Québec, et des enfants qui déjouent les contrôles d’âge avec de fausses moustaches.

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[Générique] L'informatique doit être au service de chaque citoyen.

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[Générique] Son développement doit s'opérer dans le cadre de la compération internationale.

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[Générique] Elle ne doit porter à 20 ni à l'identité humaine, ni au droit de l'homme, ni à la

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[Générique] vie privée, ni aux libertés individuelles publiques.

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[Gaël] Bonjour vous écoutez RdGP, le podcast sérieux qui vous emmène au cœur des enjeux des droits

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[Gaël] numériques, des libertés individuelles et de la vie privée. Bienvenue dans cette nouvelle

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[Gaël] revue de l'actu numérique, aujourd'hui je vous accompagne de Benjamin et en duplex

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[Gaël] avec Cyril. Bonjour Benjamin.

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[Benjamin] Salut Gaël !

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[Gaël] Cyril.

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[Cyril] Bonjour, Benjamin et Gaël.

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[Gaël] Et bien aujourd'hui on reçoit Cyril qui est venu t'envoyer un mail il me semble parce qu'on racontait n'importe quoi sur l'IA et les tokens.

1:00

[Benjamin] Alors non, là tu racontes n'importe quoi, il m'a

1:01

[Gaël] - Ah.

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[Benjamin] pas envoyé de mail, il a commenté

1:03

[Benjamin] sur le fait divorce.

1:04

[Gaël] Ah sur le Fédiverse,

1:05

[Benjamin] le fait de virus.

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[Gaël] et donc du coup tu m'as envoyé son message, un long message pour dire

1:10

[Benjamin] long message. Il a explosé les limites du Fédiverse d'ailleurs.

1:14

[Gaël] Je comprends que t'as pas besoin de te présenter parce que tu as un long habitué du podcast.

1:22

[Gaël] Qu'est-ce qui t'a donné envie de réagir à notre épisode ?

1:27

[Cyril] Comme à chaque fois que je vous écoute, tous vos sujets me passionnent et ça me fait réfléchir.

1:35

[Cyril] Il se trouve que je l'ai écouté en voiture et que j'avais dix heures de route à faire et que

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[Cyril] j'ai tellement réfléchi qu'à la fin j'avais au moins 25 pages à écrire sur le sujet.

1:46

[Cyril] Et comme c'est un peu mon métier de vendre du logiciel, de faire de l'IA et de définir les prix, je me suis beaucoup posé la question et du coup j'ai répondu par écrit parce que ça me paraissait être plus cohérent que juste de répondre à des questions.

2:02

[Benjamin] Ouais et puis tu peux le dire, on a dit que des conneries et tu voulais rétablir la vérité.

2:07

[Cyril] Vous n'avez pas dit de conneries mais vous avez ouvert beaucoup de portes que vous n'avez pas fermées.

2:12

[Cyril] Et donc je me suis dit, il faut peut-être essayer quand même de les fermer.

2:17

[Gaël] en préambule qu'est-ce qu'on disait c'était on prédisait un peu l'augmentation des tarifs des

2:23

[Gaël] abonnements

2:23

[Benjamin] de tout cœur, non.

2:24

[Gaël] ouais on parlait d'abonnements principalement moi je crois que je prévoyais

2:30

[Gaël] aussi l'effondrement de la société capitaliste ou en tout cas c'était pas le cas la semaine dernière

2:34

[Benjamin] Non, on avait coupé les micros déjà.

2:36

[Gaël] on avait coupé

2:37

[Benjamin] - Mmh.

2:38

[Gaël] les micros, parce que ça

2:40

[Benjamin] [Rires]

2:42

[Gaël] c'est aussi un de mes points, il faudrait qu'on en reparle, mais l'IA générative, etc, c'est le bout du bout du capitalisme qui peut se phagociter et dans ton message tu nous disais donc que le modèle

3:00

[Benjamin] de l'eau.

3:01

[Gaël] Claude, ce ne serait pas exactement les scénarios que toi tu vois.

3:02

[Benjamin] Gemini.

3:03

[Gaël] de forfait comme on a aujourd'hui sur Tchadjepeté ou

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[Benjamin] mistral.

3:06

[Gaël] bien sûr

3:06

[Cyril] Je pense qu'on préambule et on pourra en reparler sur les modèles de financement de ces modèles-là.

3:11

[Cyril] Il y a une raison essentielle qui fait qu'aujourd'hui on paye en abonnement.

3:17

[Cyril] C'est que les financiers dans le domaine de la technologie valorisent mieux un abonnement

3:28

[Cyril] parce que c'est considéré comme un revenu récurrent plutôt qu'une facture à la consommation

3:33

[Cyril] ou au service.

3:34

[Gaël] - Mmh.

3:35

[Cyril] Et il n'y a pas un directeur financier sain d'esprit sur la terre qui dirait que ça faut le facturer en abonnement, fixe etc.

3:44

[Cyril] Parce que ça ne correspond pas du tout au modèle de couple.

3:49

[Cyril] ni d'ailleurs à une bonne rentabilité de ces applications.

3:52

[Cyril] Donc il y a une anomalie à l'origine, et on sait qu'à un moment ou un autre,

3:56

[Cyril] les anomalies se résolvent d'elles-mêmes pour les fans du capitalisme

4:03

[Cyril] et de la main invisible du marché, ou tout simplement parce qu'à un moment,

4:07

[Cyril] il faut bien revenir à la réalité.

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[Benjamin] Gaël, t'as un poster d'Adam Smith dans tes toilettes, je crois.

4:12

[Gaël] [Rires]

4:13

[Benjamin] Je suis pas sûr de bien comprendre ce que tu veux dire par là.

4:15

[Benjamin] En fait, ce que tu dis, c'est que la logique voudrait qu'on facture

4:19

[Benjamin] à la consommation, mais que dans son bilan, ça fait mieux d'avoir des abonnés

4:23

[Benjamin] parce que c'est prévisible.

4:26

[Cyril] En fait toutes les sociétés dont on parle, à part peut-être les très gros mais les très gros ils sont aussi financés par le marché,

4:35

[Cyril] leur ligne de mire c'est la valorisation de l'action parce que ça c'est ce qui fait qu'ils peuvent encore rentrer de l'argent pour aller financer les immenses data centers, les investissements, la R&D, etc.

4:49

[Cyril] Donc aujourd'hui, ce ne sera peut-être pas le cas demain.

4:54

[Cyril] Il vaut mieux avoir une très bonne valorisation

4:57

[Cyril] qu'une très bonne rentabilité sur ces marchés-là,

4:59

[Cyril] parce qu'ils sont encore émergents.

5:02

[Cyril] Effectivement, on ne se pose pas de questions

5:07

[Cyril] et on facture de l'abonnement

5:08

[Cyril] parce qu'on multiplie par 10 ou plus

5:12

[Cyril] la valeur du montant du chiffre d'affaires,

5:15

[Cyril] alors que si on facturait du service ou de la consommation,

5:18

[Cyril] ce serait une fois, deux fois, trois fois maximum.

5:21

[Gaël] Est-ce

5:21

[Cyril] Voilà la seule raison.

5:22

[Gaël] que c'est pas aussi un peu l'état d'esprit actuel du marché où tout le monde,

5:27

[Gaël] en fait on est depuis genre 10 ans, 15 ans dans des modèles SaaS ?

5:32

[Gaël] tout le monde veut absolument vendre du sas et donc du coup l'abonnement en fait en forfait

5:37

[Gaël] c'est quelque chose que tout le monde connaît, c'est facile à acheter, on met sa carte bleue une

5:42

[Gaël] fois et ensuite on sait ce que ça va nous coûter. Est-ce que le public dans tous les cas n'était pas

5:48

[Gaël] prêt à passer sur du du paiement auto-cane ?

5:53

[Cyril] Oui mais avant le modèle SAS, alors le SAS il a quand même été beaucoup poussé sur le grand public par les fournisseurs notamment de Streamy parce qu'avant ça

6:01

[Benjamin] tous les contenus culturels, musique, films et compagnie.

6:04

[Cyril] Exactement. Tout ce qui est consommation culturelle en ligne et avant ça dans le monde de l'internet,

6:11

[Cyril] le grand concurrent du paiement à la gorgée, c'était la gratuité, c'est-à-dire la pub,

6:16

[Cyril] ce qui ne s'applique pas tellement dans ce cas-là.

6:20

[Cyril] Mais il faut bien voir qu'aujourd'hui, ma seule source d'argent si je développe une application autour de l'intelligence artificielle, c'est le capital injecté par des investisseurs.

6:31

[Cyril] parce que le revenu, même s'il était proportionnel à ce que je dépense,

6:35

[Cyril] à un niveau, on va dire, acceptable pour un consommateur,

6:39

[Cyril] ne suffirait pas à couvrir le montant extraordinaire de dépenses que j'ai,

6:43

[Cyril] que ce soit pour des investissements ou pour autre chose.

6:46

[Cyril] Ce qu'on n'a pas peut-être complètement intégré encore,

6:50

[Cyril] c'est que si on regarde le développement

6:55

[Cyril] du data center et de la consommation énergétique,

6:58

[Cyril] l'essentiel des coups.

7:00

[Cyril] Au moment où on va stabiliser les investissements, parce qu'à un moment ou un autre on va quand même stabiliser la RAD, on espère, eh bien ce seront des coûts électriques.

7:10

[Cyril] c'est à dire de consommation énergétique.

7:14

[Cyril] La consommation énergétique, l'idée dans la tête de beaucoup de gens,

7:17

[Cyril] c'est que ça tend vers zéro.

7:19

[Cyril] Pourquoi ça tend vers zéro ?

7:20

[Cyril] Parce que si on ne fait que du solaire et du éolien, ça tend vers zéro.

7:24

[Cyril] Il n'y a qu'à des investissements initiaux.

7:26

[Cyril] Et puis après, on ne sera jamais complètement zéro.

7:29

[Cyril] Voilà, sauf que c'est complètement ridicule parce que si ça tend vers zéro mais qu'on fait plus que de l'IA et qu'on n'arrive pas à se chauffer, à se déplacer, etc, ça pose un problème.

7:39

[Cyril] Parce que la surface de la Terre et la somme de ce qu'on pourrait produire en énergie renouvelable ne suffirait pas à couvrir ce truc.

7:46

[Cyril] Donc on a un problème de rarefaction de la revue.

7:49

[Cyril] Et qu'on fasse du charbon, comme même le président des États-Unis,

7:53

[Cyril] ou qu'on fasse du nucléaire, ou de l'éolien, ou du solaire,

7:57

[Cyril] à un moment ou à un autre, on va payer, c'est l'électricité.

8:00

[Cyril] Et ça, on ne va pas le payer en abonnement,

8:02

[Cyril] on va le payer à la consommation, comme tout le monde.

8:05

[Gaël] On est en train de payer de plus en plus cher notre électricité, en plus au fur et à mesure où ça avance, j'avais vu un graphique, alors je pense que ça vient de la BD de Jean Covici, mais comme quoi en fait il n'y a jamais aucune source d'énergie qui remplace totalement une autre source, on ne fait que

8:21

[Benjamin] Vous pouvez les additionner.

8:22

[Gaël] les empiler, les additionner.

8:25

[Gaël] aujourd'hui la consommation, alors on a ça avec la blockchain, on a ça maintenant avec

8:31

[Gaël] l'IA générative etc, en fait tout ça ça

8:35

[Gaël] très cher ça va coûter de plus en plus cher et là où en france on a quand même de la chance d'avoir des

8:41

[Gaël] nucléaire relativement propre, des carbonés qui coûtent peu cher, en

8:45

[Benjamin] - Décarbonnés, en tout cas ? - Ouais, décarbonnés.

8:47

[Gaël] fait il y a plein de pays

8:49

[Gaël] où aujourd'hui ce n'est pas du tout le cas, il faut faire venir beaucoup de ressources,

8:54

[Gaël] alors que ce soit du charbon, que ce soit tout un tas d'autres choses, et même produire des panneaux

8:59

[Gaël] solaires de l'éolien.

9:00

[Gaël] En fait, la production même des éoliennes et de tout ça,

9:05

[Gaël] ça coûte déjà de l'argent donc c'est très dur d'être, c'est marrant.

9:11

[Gaël] Juste dernière anecdote, je buvais des bières, ça devait être le week-end dernier.

9:16

[Benjamin] Non mais tu te moques du monde, là t'es en train de nous coller un tunnel pour nous parler de tes bières !

9:19

[Gaël] Et en fait sur le packaging, il y avait marqué, cette bière a été produite entièrement par de l'énergie verte.

9:28

[Gaël] Et je trouvais ça très très drôle, je pense que c'est impossible et qui...

9:32

[Gaël] Je pense que c'était la meilleure intervention de cet épisode, merci Gaël.

9:33

[Benjamin] Je pense que c'était la meilleure intervention de cet épisode, merci Gaël.

9:35

[Gaël] Bah vas-y, je te laisse la parole.

9:35

[Benjamin] Je me demande si

9:36

[Gaël] Je pensais que tu n'aurais pas arrêté là.

9:38

[Benjamin] on ne devrait pas arrêter là.

9:38

[Benjamin] Je voulais juste te reprendre sur la blockchain parce que la blockchain, il y a un moment

9:42

[Benjamin] où ça va s'arrêter.

9:43

[Benjamin] Tout le monde va finir par se rendre compte que ça ne sert à rien.

9:46

[Benjamin] Première chose, alors que pour l'IA c'est très différent parce que l'IA, il y a des

9:51

[Benjamin] vrais usages dans l'IA.

9:54

[Benjamin] Et puis la deuxième chose, je voulais juste vous dire que moi je fais ma part par rapport aux pénuries d'énergie puisque

10:01

[Gaël] d'une olienne.

10:01

[Benjamin] j'ai même mieux que ça.

10:03

[Benjamin] J'ai engendré, ma descendance est en train de bosser sur la fusion nucléaire, donc ça va repousser un petit peu.

10:11

[Gaël] Alors ça je suis, on pourrait parler très très longtemps de la fusion, on change de podcast. Ah ça m'énerve.

10:17

[Benjamin] Je savais que ça t'énerverait et on n'a pas le temps de creuser le sujet.

10:21

[Gaël] non ça ne résoudra rien ça ne peut que engendrer plus de problèmes mais du coup

10:28

[Gaël] Effectivement il va nous rester le coup, on ne parle même pas d'entraînement aujourd'hui

10:31

[Gaël] puisqu'il y a aussi des ingénieurs qui doivent travailler, on ne parle même pas encore de

10:35

[Gaël] données puisqu'en fait il y a de plus en plus de procès, notamment contre OpenAI

10:41

[Gaël] puisque il se trouve qu'ils ont volé énormément énormément de données et donc du coup, la

10:48

[Gaël] donnée va coûter de plus en plus cher pour les entreprises d'intelligence artificielle.

10:53

[Benjamin] C'est pour ça que l'Europe est un marché particulièrement intéressant parce qu'il y a énormément de données en Europe et le monde entier lorgne sur les données des Européens, heureusement qu'on a les IACT et le RGPD.

11:06

[Gaël] Mais aujourd'hui t'as de plus en plus de services qui te foutent une pop-up.

11:12

[Gaël] Est-ce que vous êtes ok pour donner toutes vos données ?

11:14

[Gaël] Enfin tu vois, pour moi c'est vraiment Pokémon Go.

11:17

[Gaël] Je finis là-dessus et après je te repasse la main Cyril.

11:19

[Gaël] Mais Pokémon Go, ils ont eu tous les Européens et même tout le monde entier

11:24

[Gaël] pour entraîner leur modèle d'IA de reconnaissance des routes, etc.

11:31

[Gaël] En fait, on produit je pense plus de données aujourd'hui que la somme des données qu'on a dans l'histoire européenne, je suppose.

11:39

[Gaël] Vas-y, je te laisse la main Cyril.

11:41

[Cyril] Oui je pense que la question des données est complètement corrélée à la question du tarif ou du prix des modèles mais c'est un sujet un peu plus vaste d'ailleurs on avait discuté à un moment de faire peut-être un sujet spécifiquement sur le partage de la valeur sur les données parce que là je pense qu'on parle vraiment de la valeur créée.

12:01

[Cyril] Et la valeur créée par une IA, elle est en grande partie issue évidemment du modèle et de l'énergie qui a nécessité de le faire tourner, mais aussi des données qui ont permis de le faire tourner.

12:12

[Cyril] Et c'est vrai que la partie donnée aujourd'hui, c'est le partenarié pauvre du partage de valeurs.

12:18

[Cyril] Cela dit, cela ne change rien au fait que le modèle actuel de rémunération de ces entreprises-là est complètement décorrélé de la réalité, de la valeur créée d'une part.

12:33

[Cyril] mais aussi des coûts engendrés de l'autre pas.

12:35

[Cyril] Et je voulais juste préciser une chose pour finir sur la question

12:39

[Cyril] purement énergétique, c'est que nous sommes de fait dans une logique

12:43

[Cyril] de pénurie, c'est-à-dire qu'on ne peut pas fournir indéfiniment plus d'énergie.

12:52

[Cyril] c'est une impossibilité mathématique et physique donc à un moment ou un autre il

12:57

[Cyril] faut faire des économies et faire une transition sur la question plus

13:03

[Cyril] suivante mais c'est que là aujourd'hui tout le monde fait la course à l'échalote

13:09

[Cyril] mais c'était le terme que vous aviez employé, si je me rappelle bien, la dernière fois,

13:13

[Cyril] du modèle le plus puissant, le modèle le plus gros, etc.,

13:15

[Cyril] le plus rapide, celui qui fait le code le meilleur et compagnie et compagnie.

13:20

[Cyril] Mais à un moment, il va falloir, si on limite, non pas,

13:25

[Cyril] l'investissement mais la quantité d'énergie disponible pour qu'on puisse faire tourner

13:31

[Cyril] ces machines, il va falloir faire des économies et on sera obligé du coup de passer dans

13:36

[Cyril] un autre modèle parce que dès qu'on commence à penser à l'optimisation de l'économie,

13:42

[Cyril] on repense complètement la façon non seulement de le faire mais aussi de le faire.

13:48

[Gaël] Alors, je vous propose qu'on avance sur le sujet parce que tu as justement proposé plusieurs modèles, plusieurs scénarios que toi tu entrevois de prix pour le futur de ces services.

14:03

[Cyril] Alors je pense qu'on l'a évoqué au départ, moi il me semble que si l'essentiel c'est comme le

14:09

[Cyril] transport, c'est comme beaucoup d'éléments comme ceux-là, quand on est dans un service public par

14:16

[Cyril] exemple qui apporte de l'eau ou de l'énergie ou du chauffage ou des choses comme ça, et bien au

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[Cyril] final ce qu'on paye c'est la conso et c'est le plus juste des manières de payer, c'est à dire

14:29

[Cyril] C'est-à-dire qu'on paye un accès au service.

14:32

[Cyril] normal et puis il faut bien payer les investissements mais après après on paye à la consommation et c'est

14:37

[Cyril] plus juste et c'est plus juste pour le consommateur parce que moi c'est pas parce que je paye un

14:42

[Cyril] abonnement à 20 euros par ci 20 euros par là ou 50 ou 100 ou 200 que je l'utilise pleinement en tout

14:48

[Cyril] cas que j'utilise tous ces abonnements pleinement et tout le temps

14:52

[Cyril] qu'il n'y a pas de raison d'alimenter la machine du point de vue du consommateur

14:56

[Cyril] pour ne pas l'utiliser. Et à l'inverse, je n'ai pas envie qu'on me limite, je veux

15:00

[Cyril] pouvoir consommer plus à d'autres moments.

15:03

[Cyril] de l'autre côté, côté utilisateur, si je suis dans une logique de pénurie, si je facture la

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[Cyril] consommation, ça va inciter les gens à être moins gourmands parce qu'ils payent. Et c'est la meilleure

15:15

[Cyril] manière qu'on a trouvé de faire respecter les économies d'énergie au moment de la crise de

15:21

[Cyril] 73, c'était de dire aux gens,

15:24

[Cyril] coupez les lumières quand vous sortez d'une pièce et parce que ça va vous coûter plus cher.

15:29

[Cyril] Et donc il y a la responsabilité des uns et des autres mais il y a aussi le portefeuille et à un moment ou un autre on y réfléchit.

15:37

[Cyril] En tout cas les entreprises réfléchissent comme ça même si tout le monde n'est pas rationnel.

15:41

[Benjamin] Est-ce que ça c'est pas juste la moitié du problème ? Parce que là on parle finalement de

15:46

[Benjamin] consommation pour l'inférence, c'est à dire pour répondre aux questions, mais ça répond pas aux

15:50

[Benjamin] problématiques pour l'entraînement. Parce qu'aujourd'hui on voit aussi qu'il y a un nouveau gros modèle qui

15:55

[Benjamin] qui sort tous les 6 mois et que lui il a coûté

15:59

[Benjamin] beaucoup plus d'énergie, en tout cas à l'échelle des individus, pour entraîner et en plus on parlait de pillage de données.

16:08

[Benjamin] Si demain on imaginait des modèles respectueux qui vont rémunérer les gens qui ont créé les datasets, les données,

16:15

[Benjamin] qui ont permis d'entraîner, comment est-ce qu'on rémunère ces gens-là ?

16:21

[Benjamin] à quel moment, est-ce que ça veut pas dire qu'il faut un forfait plus, un forfait d'accès ?

16:26

[Benjamin] va venir payer pour l'entraînement en plus, un paiement à la consommation pour l'inférence ?

16:30

[Benjamin] C'est quoi la solution logique ?

16:35

[Cyril] Je pense qu'il y a 2 questions dans ta question. La première question, c'est comment on fait pour traiter la question des modèles de plus en plus grands et comment on va payer pour ces modèles de plus en plus grands.

16:44

[Cyril] Alors, payer en énergie.

16:47

[Cyril] pour les faire entraîner et payer en source de données.

16:50

[Cyril] Payer en énergie pour les faire entraîner,

16:52

[Cyril] pour moi, il n'y a pas de solution autre que l'optimisation

16:55

[Cyril] de la consommation énergétique, c'est-à-dire la consommation de CPU,

16:58

[Cyril] de mémoire, etc., de ces modèles-là.

17:01

[Cyril] Et il y a plein de pistes aujourd'hui d'optimisation

17:03

[Cyril] qui sont d'ailleurs déjà en train d'être mises en oeuvre.

17:05

[Cyril] Le dernier modèle deep-sea qu'aujourd'hui consomme peut-être

17:08

[Cyril] 10 fois moins que le précédent, notamment sur sa gestion du contexte,

17:12

[Cyril] sur la compression de données, la quantisation, etc.

17:16

[Cyril] Il y a plein de recherches mathématiques qui vont vers dans ce sens-là et c'est normal, on n'est pas des débiles, c'est juste que les gars sont tellement focalisés sur la course à l'échalote.

17:27

[Cyril] pour eux c'est un problème secondaire. Sur ce sujet là pour le chlore, en tout cas de mon point de vue,

17:34

[Cyril] il y a une fin à un modèle, enfin je veux dire on peut imaginer que le modèle vont grandir

17:39

[Cyril] indéfiniment mais je pense pas que c'est vrai donc c'est un problème ponctuel, c'est peut-être un

17:43

[Cyril] problème ponctuel pour les 20 années qui viennent mais c'est quand même un problème ponctuel.

17:47

[Cyril] Maintenant, côté donnée.

17:49

[Cyril] pense que le modèle économique de ces entreprises-là est totalement débile. Moi, j'avais imaginé quand

17:54

[Cyril] OpenAI s'est créé en tant que non-profit, c'est-à-dire

17:58

[Gaël] Hmm...

17:59

[Cyril] de société sans but lucratif en théorie, etc.,

18:03

[Cyril] qu'on allait rentrer dans un modèle de type coopératif. Et pour moi, qui est le seul modèle viable à

18:08

[Cyril] terme pour dire on va partager la valeur entre les gens qui possèdent la donnée et les gens qui la

18:15

[Cyril] la traite qui font les monnaies et qui l'exploit.

18:17

[Benjamin] Et quoi ? Un peu à la Wikipédia ?

18:19

[Cyril] Alors, sauf que Wikipédia a un modèle économique qui est quand même un peu fragile, mais oui, un peu à la Wikipédia.

18:25

[Cyril] Mais l'idée, c'est de dire, à un moment, peut-être qu'on peut être payé en usage.

18:30

[Cyril] C'est-à-dire si j'alimente mes données.

18:32

[Cyril] je donne mes données, en tout cas je donne accès à mes données, voire même je les jette d'aller

18:37

[Cyril] retraiter pour créer un modèle, ben peut-être que j'ai le droit d'utiliser ce modèle.

18:42

[Cyril] soit moins cher, soit de façon beaucoup plus illimitée.

18:45

[Cyril] d'autres parce que après tout j'y ai contribué et ce serait une très très bonne réponse notamment

18:49

[Cyril] pour les pays européens ou pour les industries de la création etc etc parce qu'ils en ont besoin

18:55

[Cyril] de ces modèles aussi donc c'est anormal qu'ils doivent repayer une deuxième fois pour pouvoir

18:59

[Cyril] les utiliser à minima après qui leur en bénéficie on va dire de façon pécuniaire moi je n'ai aucun

19:06

[Cyril] levier là dessus donc je peux pas en parler mais à mon avis c'est ce vers quoi on doit attendre

19:10

[Cyril] d'un peu vu du point de vue de la justice économique.

19:14

[Cyril] Après, une fois qu'on a mis en place de l'optimisation,

19:19

[Cyril] qu'on ait...

19:22

[Cyril] qu'on spécialise les modèles aussi parce qu'aujourd'hui on fait des modèles,

19:26

[Cyril] je veux dire on fait exploser une bombe atomique pour ouvrir une porte à chaque fois donc ça

19:31

[Cyril] n'a pas de sens, ça n'a pas de sens logique, qu'on spécialise les modèles, qu'on fait du

19:35

[Cyril] function calling à l'intérieur des modèles etc etc, enfin toutes ces technologies, ces stratégies

19:40

[Cyril] ou ces tactiques pour consommer moins d'énergie et être plus efficace tout en consommant moins de

19:45

[Cyril] PCPU et qu'on a partagé la valeur, on arrivera à un truc qui sera peut-être un tout petit peu mieux

19:50

[Cyril] ajustés que j'en ai.

19:53

[Gaël] pas mal de choses que j'ai gardées en attendant mais bon déjà

20:00

[Gaël] Le fait d'avoir des prix plus élevés, tu disais tout à l'heure on aura une pénurie, donc avec des prix plus élevés ça va limiter l'usage par défaut.

20:10

[Gaël] Moi personnellement c'est un modèle qui ne me convient pas du tout puisque c'est encore une fois le capitalisme à l'outrance quoi.

20:21

[Gaël] Il y a des riches qui vont pouvoir faire ce qu'ils veulent.

20:23

[Gaël] des personnes plus pauvres qui vont pas pouvoir. C'est déjà le cas en fait aujourd'hui. Rien que les clous de code selon l'abonnement qu'on a.

20:31

[Gaël] Si on a l'abonnement à 200$, forcément on va avoir beaucoup plus d'usage que si on a l'abonnement à 20$.

20:37

[Gaël] Et donc du coup, ça crée un écart énorme entre des personnes qui ont de quoi s'acheter un abonnement très cher

20:45

[Gaël] et des personnes qui n'ont pas de quoi s'acheter dans un contexte des entreprises.

20:49

[Gaël] C'est différent parce que ça c'est des choix d'entreprise, mais dans un contexte personnel c'est...

20:55

[Gaël] Je pense...

20:57

[Gaël] du tout vers quoi il faut aller. Oui vas-y je te laisse un droit de réponse immédiat.

21:03

[Cyril] Non mais je pense que tu as totalement raison, sauf que, encore une fois, on ne regarde qu'une facette de la médaille, c'est à dire qu'on regarde ce qui se passe aujourd'hui si les opérateurs actuels avaient raison sur toute la ligne.

21:17

[Cyril] Il s'est passé des choses, par exemple, avec les gens qui partagent les trajets, les sociétés alternatives de taxi, je ne veux pas donner les marques, parce que ce serait leur faire trop d'honneur.

21:29

[Cyril] Et qui s'est passé, et qui est absolument normal, c'est de dire à un moment, il y a...

21:34

[Cyril] on ne peut pas utiliser les gens comme des esclaves sous-payés.

21:38

[Cyril] et puis on ne peut pas aller complètement perturber un marché en proposant une proposition de valeur impossible.

21:44

[Cyril] Ce que j'appelle une proposition de valeur impossible, c'est de dire que tu veux tout tout de suite, c'est gratos, c'est super facile, etc.

21:50

[Cyril] Non, ce n'est pas possible. C'est économiquement et pratiquement impossible.

21:54

[Cyril] Et le chauffeur à domicile tout le temps, à tout moment, moins cher qu'un taxi, etc. Ce n'est pas possible.

21:59

[Cyril] Donc à un moment, l'État et notamment les municipalités sont intervenues en disant, tu n'as plus le droit de le faire.

22:06

[Cyril] Et puis je réapproprie et je mets des règles, etc.

22:09

[Cyril] Aujourd'hui, si l'état des pays concernés nationalisé, je dis n'importe quoi, parce que je pense que ça n'arrivera jamais,

22:16

[Cyril] mais ça pourrait être sous différentes formes, notamment rationner, comme

22:20

[Gaël] - Mmh.

22:21

[Cyril] on le fait pour l'industrie, rationner l'énergie ou...

22:24

[Cyril] nationaliser ou en tout cas mettre sous contrôle certaines productions dans les

22:31

[Cyril] datacenters ou de production énergétique etc, tout le monde serait obligé de le

22:35

[Cyril] faire et du coup on limiterait l'accès à l'énergie non pas par le prix pour le

22:40

[Cyril] consommateur mais par le prix

22:43

[Cyril] pour cet opérateur de DIA et de fait à la fin

22:49

[Cyril] il serait obligé d'appliquer une règle et pour dire bon ben voilà

22:55

[Cyril] ben on va utiliser des modèles normaux pour faire des trucs normaux et puis on va utiliser des modèles super avancés

23:02

[Cyril] pour faire un petit peu de calcul très très avancé mais on va pas utiliser un modèle super avancé pour

23:08

[Cyril] écrire une histoire de chat.

23:12

[Gaël] Je pense qu'effectivement, il y a personne qui comprend vraiment bien ce qui se passe sur les modèles, etc, parce que déjà...

23:19

[Gaël] Je pense que les acteurs, aujourd'hui, aiment bien faire croire que tout ça, c'est de la magie.

23:24

[Gaël] Et qu'il y a quelque chose de "wow, c'est génial, regarde, je lui pose des questions et il me répond, il a l'air hyper intelligent, etc."

23:30

[Gaël] Ils veulent, je pense que tous les OpenAI, Anthropic et même Deep Seek ou quoi que ce soit, ils ont intérêt à ce qu'on ne comprenne pas.

23:39

[Gaël] ça reste du code et que ça reste de l'informatique comme on en fait depuis longtemps et que ça garde

23:45

[Gaël] ce côté un peu magique puisque c'est un peu la proposition de valeur aussi la magie derrière.

23:51

[Gaël] Dans ce que j'entends et dans ce que tu disais aussi tout à l'heure Benjamin sur l'utilisation

23:59

[Gaël] de l'IA, de comme quoi ça va rester dans le temps et autres,

24:03

[Gaël] Bah en fait, c'est une vraie question qu'on peut se poser parce que ça c'est partir du principe qu'on est dans un modèle capitaliste

24:11

[Gaël] où on a besoin de productiviste en tout cas, où on a besoin de toujours produire plus et on a toujours besoin de faire plus.

24:16

[Gaël] Mais je parle de l'IA générative et LLM. Je parle pas de l'IA en général parce qu'il y a plein de cas d'usage de l'IA dans les médecines etc.

24:23

[Gaël] où je pense que c'est important qu'on pousse ces avancées.

24:27

[Gaël] après ça reste mais en fait si on décide de faire société autrement et qu'on pense que le

24:34

[Gaël] modèle productiviste n'est pas le bon parce qu'on arrive à la fin justement des ressources et autres

24:38

[Gaël] est-ce qu'aujourd'hui avoir un LLM qui me permet de plus rapidement coder, qui me permet de plus rapidement aller chercher mon voyage vers l'autre bout du monde ou quoi que ce soit,

24:48

[Gaël] est-ce que c'est quelque chose qui va foncièrement rester, est-ce que dans tous les cas, bah oui, on avait une proposition d'avoir des coopératives ou en tout cas peut-être quelque chose de...

24:57

[Gaël] l'ONU ou autre qui pourrait porter en fait cette proposition d'IA mondiale, est-ce que les

25:06

[Gaël] modèles IA comme on l'entend aujourd'hui, c'est même soutenable dans le temps, est-ce que ça va

25:11

[Gaël] vraiment rester, est-ce qu'on peut pas imaginer des alternatives quoi ?

25:15

[Benjamin] sur la technologie LLM en particulier, moi je suis convaincu que ça va rester,

25:22

[Benjamin] qu'il puisse y avoir des abus et qu'on ait des modèles qui font de plus en plus de choses, de plus en plus grosses,

25:28

[Benjamin] moi j'aime bien parler de la photo du pape en doudoune, mais il y a plein d'autres exemples comme ça,

25:32

[Benjamin] et qui permettent juste à certains éditeurs de dire "regardez, c'est nous les plus forts",

25:38

[Benjamin] c'est clair que ça, ça me paraît pas être une direction tenable à long terme.

25:43

[Benjamin] en revanche.

25:44

[Benjamin] avoir des LLM qui sont capables de traduire des textes, de corriger des fautes d'orthographe, de résumer, de faire tout un tas d'opérations comme ça.

25:52

[Benjamin] Et on parle en fait de LLM, mais on parle aussi

25:56

[Gaël] - Hmm. - ... de la witch-woman.

25:57

[Benjamin] de SLM, de Small Language Models, donc des petits modèles pour avoir des ordres de grandeur.

26:03

[Benjamin] ChatGPT, la version ouverte qui a été publiée l'été dernier, c'était 120 milliards de paramètres.

26:09

[Benjamin] Aujourd'hui nous on voit que quand on bosse avec 24 milliards de paramètres et en particulier le modèle de Mistral 24B, ça marche super bien pour...

26:19

[Benjamin] tout, y compris faire des petits calculs, des synthèses, etc, et que avec des modèles 7 ou 8B,

26:27

[Benjamin] on fait même pas mal de choses. Moi je fais tourner des petits modèles 7B en local sur mon laptop,

26:33

[Benjamin] c'est 7

26:33

[Gaël] C'est 7 milliards.

26:34

[Benjamin] milliards, et ça marche super bien, et si demain on me les retire,

26:39

[Benjamin] bah c'est comme si on me retirait mon traitement de texte quoi, c'est un outil,

26:45

[Benjamin] est utile où il n'y a pas besoin de sortir un nouveau modèle tous les six mois et qui

26:49

[Benjamin] ne consomme pas énormément parce que c'est juste mon laptop en local.

26:53

[Cyril] Moi j'ai fait le calcul pour une banque, enfin pour un opérateur financier on va dire,

27:02

[Cyril] qu'est-ce que ça représenterait d'avoir son LLM en interne pour faire des tâches courantes,

27:10

[Cyril] que ce soit de traiter des informations de genre interne, de faire des résumés, de faire des productions documentaires, etc.

27:21

[Cyril] sur une bonne machine, on ne va pas citer le matériel, mais etc., on se retrouve

27:29

[Cyril] avec un coût, on va dire par hypothèse des coûts d'énergie français, c'est pas

27:34

[Cyril] presque en France, mais bon peu importe, ça reviendrait entre disons 100 et 250 euros par

27:41

[Cyril] mois d'électricité et un investissement d'une vingtaine ou trentaine de milliers d'euros.

27:46

[Cyril] Pardon.

27:48

[Benjamin] pour combien de personnes?

27:49

[Benjamin] Pour combien de personnes?

27:51

[Benjamin] Ok, mais pas par personne.

27:53

[Cyril] pour une organisation qui fait entre 50 et 100 personnes mais qui ne va pas l'utiliser tout le temps.

28:02

[Cyril] Avec un usage où on fait beaucoup de prétraitement à la nuit.

28:07

[Cyril] on laisse libre accès, on va dire, le jour avec du dispatch pour pouvoir accéder à des, on va dire,

28:16

[Cyril] des services type Cloud Act autres pour des besoins très spécifiques qui nécessitent d'avoir accès à

28:21

[Cyril] ces services parce que c'est plus compliqué, il faut pas traiter mais au moins on anonymise les

28:25

[Cyril] données parce qu'il y a un énorme problème de confidentialité. Pour un établissement financier

28:29

[Cyril] qui traite des transactions de personnes, aller accepter que les données transitent vers d'autres,

28:35

[Cyril] C'est absolument appréciable.

28:37

[Cyril] on va parler des problèmes de concurrence.

28:39

[Gaël] Je me prépare à changer de sujet donc je vous préviens un peu en amont si vous avez encore beaucoup de choses à dire.

28:45

[Cyril] Ouais, moi j'ai quand même beaucoup beaucoup de choses à dire.

28:47

[Cyril] Non mais, et donc le coût est pas anormal,

28:51

[Cyril] donc la répartition entre local, distant,

28:53

[Cyril] il y a beaucoup de solutions qui permettraient,

28:56

[Cyril] et c'est pour ça, de revenir à une logique plus exacte du coût réel,

29:00

[Cyril] plutôt que d'essayer de financer des trucs qui n'ont pas de sens.

29:05

[Cyril] Je veux juste dire que, et moi, c'est ce qui m'a fait réagir.

29:12

[Cyril] Je ne fais pas confiance à l'économie de ces opérateurs et à l'impossibilité économique de continuer longtemps.

29:19

[Cyril] pour dire qu'à un moment ça va s'arrêter.

29:22

[Cyril] rien ne nous a montré dans le passé.

29:25

[Cyril] si on travaille pendant 20 ans à perdre et bien on va s'arrêter. C'est pas vrai, il n'y a que des

29:31

[Cyril] exemples qui montrent qu'on peut bosser pendant 20 ans à perdre et si on a aîné le chouchou des

29:36

[Cyril] investisseurs, comme ils n'ont aucun intérêt à ce qu'on meurt parce que la bourse s'effondrerait avec,

29:44

[Gaël] ...

29:45

[Cyril] Et

29:45

[Benjamin] Too big to fail.

29:46

[Cyril] donc tous les investissements dans lesquels on a mis de l'argent, donc on dévestit, on gère le risque, etc, mais en fait on continue les conneries jusqu'à ce qu'on trouve une solution de sortie, même si elle fait un peu mal.

29:59

[Cyril] C'est ce qui s'est passé, la solution de sortie d'Amazon après avoir perdu l'argent pendant 20 ans, c'est de faire autre chose, c'est de faire du back-end as a service, c'est-à-dire de AWS.

30:11

[Cyril] Et aujourd'hui, le e-commerce, c'est plus cher, moins rapide, il y a moins de produits, etc., que ça ne l'était il y a 15 ans, juste parce que ce n'était pas rentable de faire comme ça.

30:25

[Cyril] Mais...

30:27

[Cyril] Mais ils ont quand même maintenu pendant 20 ans une boîte qui perdait de l'argent.

30:32

[Cyril] Et moi j'ai assisté à ça au premier degré parce qu'on travaillait avec Amazon et on était concurrents d'Amazon.

30:39

[Cyril] Et on a subi ce truc là en tant qu'opérateur pendant 20 ans.

30:44

[Cyril] Donc ça peut continuer.

30:47

[Cyril] Et comme il y a beaucoup beaucoup de liquidités sur les marchés, ça peut continuer très longtemps.

30:52

[Benjamin] oui mais les liquidités parfois elles s'arrêtent aussi c'est là où on peut avoir des crises et

30:56

[Benjamin] parce

30:56

[Gaël] ce sont.

30:56

[Benjamin] que too big to fail alors ça me faisait penser à une excellente série qui s'appelle

31:00

[Benjamin] we crashed qui raconte l'histoire de we work où on voit bien cette mécanique de non mais là on s'est

31:06

[Benjamin] trop mouillé on a pris trop de risques il faut qu'on en prenne encore plus mais on a vu aussi

31:10

[Benjamin] avec les subprimes que ben parfois ça s'arrête et

31:15

[Benjamin] de manière assez violente, et moi j'imaginais plus un scénario à la subprime parce que

31:25

[Benjamin] aussi personne n'y comprend rien.

31:26

[Gaël] Oui mais après du coup t'as Google qui a littéralement tout son reste de marché en fait qui va continuer à proposer l'IA et donc du coup t'auras un grand vainqueur, ça sera comme à chaque fois Google qui va rafler la mise quoi.

31:40

[Benjamin] Oui, tout à fait.

31:41

[Cyril] Je pense que le problème des subprimes va se poser pour les data centers, et que la grosse bulle aujourd'hui est sur les data centers, et sur l'énergie qui est derrière, etc.

31:54

[Cyril] Je ne suis pas sûr que les opérateurs subissent la même chose, mais c'est vraiment une longue conversation pour le coup, sauf si vous ne voulez pas parler d'autre chose.

32:00

[Gaël] Oui parce que alors ça m'intéresse mais il faudra peut-être qu'on en reparle parce que là je pense qu'on est parti pour longtemps

32:05

[Gaël] mais parce que ça m'intéresse très très fort.

32:07

[Gaël] On garde ce sujet pour une première prochaine fois, à la limite les data centers parce que j'avais pas anticipé cette bulle.

32:13

[Gaël] Enfin je me disais pas qu'elle était ici la bulle mais euh...

32:18

[Gaël] Je résume tout ça et après je vous embarque vers un nouveau sujet pour ne pas faire un épisode de deux heures.

32:28

[Gaël] C'est que si on sort une boule de cristal et dans dix ans...

32:34

[Gaël] reviendra nous voir, on fera un épisode pour voir si on avait raison ou non. On

32:40

[Gaël] identifie quand même, ça devrait continuer les LLM sur peut-être une

32:44

[Gaël] forme différente, on parlait notamment de Small Language Mandel, donc de SLM, plus

32:49

[Gaël] spécialisé, potentiellement aussi avec beaucoup de traitements directement

32:53

[Gaël] on-premise, donc hébergé chez les entreprises directement.

32:59

[Gaël] Moi je...

33:02

[Gaël] On prédit aussi que dans tous les cas ce ne sera pas tenable, même avec des petits modèles et qu'en fait on va se passer de ça à un moment à un autre, ou alors il faudra vraiment beaucoup changer l'usage.

33:13

[Benjamin] Il n'y a aucune raison que ça s'arrête, les petits modèles ils sont ouverts, ils sont disponibles, tu peux le mettre sur ta machine.

33:18

[Benjamin] Donc il n'y a rien qui va arrêter l'usage d'un truc en local.

33:22

[Gaël] les small langages

33:23

[Benjamin] Oui.

33:24

[Gaël] peut-être mais en tout cas sur les très gros langages et les OpenAI, les Gmini etc.

33:28

[Gaël] j'en suis moins certain.

33:31

[Benjamin] Comme pour la vidéo, on a vu typiquement que les modèles de création de vidéo y'en a qui ont été arrêtés parce que c'était n'importe quoi.

33:38

[Gaël] C'est-à-dire.

33:39

[Benjamin] C'est quel opérateur qui avait un gros modèle, qui permettait de générer...

33:43

[Cyril] C'est un peu n'importe quoi.

33:45

[Gaël] et vous y sortez.

33:45

[Benjamin] Et qu'il a arrêté parce que ça consommait énormément pour un résultat totalement inutile.

33:52

[Gaël] "Ouais après ça je suis pas d'accord, tu relances une pièce, c'est pas gentil de

33:56

[Benjamin] *rire*

33:56

[Gaël] faire ça, mais en fait il y a tellement d'enjeux aujourd'hui d'un gérant de la part d'État etc."

34:01

[Gaël] Je pense que c'est encore une fois, il y a des gens qui, nous, les particuliers, on s'en fout, on n'a pas besoin de générer de la vidéo.

34:08

[Gaël] Mais en fait, si t'es une puissance étrangère qui a envie de balancer sur les réseaux.

34:12

[Benjamin] Non mais c'est trop cher, c'est trop cher...

34:13

[Gaël] - C'est trop cher.

34:14

[Gaël] - Mais non mais, je te montrerais, si tu veux, la guerre froide, les prix de l'espionnage, c'est n'importe quoi.

34:22

[Gaël] Oui, bah merci, tu me fais un rappel pour passer à la suite, c'est toi qui a remis une pièce, je te rappelle.

34:30

[Gaël] reste la problématique de la donnée puisque aujourd'hui en fait le système ne rétribue pas la donnée mais donc du

34:38

[Gaël] coup il faudra des avancées là dessus. Et ce qui nous laisse une nouvelle problématique aussi sur les questions de

34:46

[Gaël] de souveraineté, d'appartenance et où est-ce que se retrouvent les différents états dans tout ça.

34:53

[Gaël] Et tu me tendais ton téléphone ?

34:57

[Benjamin] Alors c'était pas du tout pour te rappeler à l'ordre, c'était parce que j'avais peur que tu oublies.

35:02

[Gaël] Non, j'avais pas oublié ! Tu voulais parler du Québec !

35:05

[Benjamin] Je voulais parler du Québec, oui, parce que c'est Walid qui m'a balancé ça, il me semble.

35:12

[Benjamin] Puisqu'on parle d'intelligence artificielle, l'Office québécois de la langue française

35:18

[Benjamin] a publié un lexique propre à l'intelligence artificielle.

35:21

[Gaël] Au revoir.

35:22

[Benjamin] parce qu'on a tendance à utiliser des anglicismes nous-mêmes, on en utilise quelques-uns ici, même si on essaye de l'imiter, mais c'est pas toujours facile.

35:32

[Benjamin] Et là, justement, pour nous aider, l'Office québécois de la langue française a publié un lexique sur l'intelligence artificielle avec des trucs vraiment pas mal.

35:42

[Benjamin] Par exemple, débridage d'IA.

35:47

[Benjamin] tu vois

35:47

[Benjamin] tu vois pas, alors ils sont sympas parce que ils donnent la, j'allais dire,

35:48

[Benjamin] pas, alors ils sont sympas parce que ils donnent la, j'allais

35:51

[Gaël] -L'onglet ? -Oui.

35:53

[Benjamin] dire, ils donnent la signification, ils donnent la traduction en anglais.

35:54

[Benjamin] Debris d'HDA, et ben non, c'est IA jailbraking.

35:58

[Gaël] Est-ce que c'est euh...

36:00

[Benjamin] Le J-Breaking c'est quand on essaye de passer outre les protections d'un LLM,

36:05

[Benjamin] pour par exemple lui faire faire un discours à la manière d'Hitler.

36:09

[Gaël] Je savais même pas que ça avait un nom en anglais.

36:11

[Benjamin] en anglais ? Tu ne

36:12

[Gaël] Non.

36:13

[Benjamin] connaissais pas en anglais ? En allemand ? Non ? Parce que pour le coup

36:16

[Benjamin] le discours d'Hitler ce serait pas mal de connaître le nom en allemand.

36:19

[Gaël] du coup je pense que j'aurais de toute façon utilisé des termes français pour ça très bon c'est bien mais très mauvais exemple

36:25

[Benjamin] Le fardage à l'IA, je trouve ça très joli le fardage à l'IA.

36:30

[Gaël] - Oui.

36:31

[Benjamin] et ben c'est... alors j'ai essayé de le prononcer avec l'accent "ai washing", c'est

36:38

[Gaël] Ah...

36:38

[Benjamin] quand tu mets

36:39

[Benjamin] de l'ia partout. Alors après il

36:41

[Gaël] - Eh oui.

36:42

[Benjamin] y a évidemment grand modèle de langage, celui-là il n'est pas très dur.

36:45

[Gaël] C'est joli, c'est poétique, fardage à lire.

36:49

[Benjamin] Ouais, il y en a un que j'ai bien aimé parce qu'il devrait être évident mais je ne l'ai pas trouvé alors qu'en fait j'aurais dû.

36:58

[Benjamin] Infiltration de requête, il y

37:01

[Cyril] *rire*

37:01

[Benjamin] a pas mal celui-là.

37:03

[Benjamin] Infiltration de requête, c'est quand tu fais de l'injection...

37:05

[Gaël] C'est quand tu fais de l'injection...

37:06

[Benjamin] Ah ouais, tu brûles là.

37:09

[Gaël] Non, c'est quand tu fais de l'injection de prompte, quoi.

37:12

[Benjamin] C'est exactement ça, c'est prompt injection, infiltration de requête.

37:16

[Gaël] Mais ça c'est la même chose que les injections SQL, pourquoi pas avoir utilisé le terme

37:23

[Gaël] "injection SQL" ?

37:23

[Benjamin] En anglais ?

37:24

[Benjamin] Non, en français.

37:25

[Gaël] Non, en français, "injection SQL", c'est quand tu

37:25

[Benjamin] Injection SQL, c'est quand tu faisais de l'injection de requêtes SQL.

37:29

[Gaël] faisais de l'injection de requêtes SQL dans des...

37:29

[Benjamin] Alors ça, tu vois ça avec les Québécois, c'est…

37:30

[Gaël] Non, bah je les appelle, on les aura au téléphone toutes.

37:33

[Benjamin] c'est leur dictionnaire, on n'est pas obligé de parler de balado,

37:40

[Gaël] On va pas faire les 200.

37:41

[Benjamin] on fait pas de la balado-diffusion,

37:47

[Cyril] Moi j'en ai retenu un, c'était "Explosion de gradient". Je trouvais que c'était très drôle.

37:51

[Benjamin] Ah, c'est...

37:52

[Cyril] Et que ça ne donnait pas forcément exactement une idée de ce qu'il se passe.

37:55

[Gaël] Explosion de gradient, je ne vois pas ce que c'est.

37:58

[Gaël] Trouve-nous la définition s'il te plaît.

38:01

[Benjamin] Alors je suis dessus, je ne le vois pas.

38:04

[Cyril] exploding gradient problem le terme en anglais

38:08

[Benjamin] Mais il n'est pas "E", je ne sais pas où il est.

38:10

[Cyril] mais en fait c'est

38:10

[Benjamin] Ah, il y en a un que j'ai bien aimé.

38:13

[Gaël] Attends, déjà, en finissant sur explosion de gradient, ça veut dire quoi ?

38:18

[Cyril] C'est au moment de l'apprentissage, quand on a une accumulation de gradients et ce qui fait

38:25

[Cyril] qu'à un moment, il n'arrive plus à travailler. C'est ce qui se passe dans les très très grands

38:29

[Cyril] modèles. Mais explosion de gradients, j'ai trouvé que ça donnait une

38:34

[Benjamin] C'est très poétique, hein !

38:35

[Gaël] Ouais, ouais...

38:36

[Cyril] dramatique plutôt que exploding

38:37

[Cyril] qui veut dire juste que...

38:39

[Gaël] - Ouais.

38:40

[Benjamin] Il y en a un très bête, mais qui m'a surpris, extrant, E, X, T, R, A, N, T.

38:47

[Gaël] Qu'est-ce que ça veut dire en français ?

38:49

[Benjamin] Alors c'est tout à fait, mais il y a plein de mots québécois qu'on utilise plus en français, j'imagine que c'est un mot...

38:56

[Gaël] On peut dire qu'ils sont en avance sur nous du coup.

38:58

[Benjamin] ou qui sont un peu plus rigoureux sur l'utilisation

39:00

[Gaël] Mm-hm.

39:01

[Benjamin] de la langue française "extrant",

39:02

[Benjamin] et bien c'est tout simplement "output".

39:04

[Gaël] Ah ouais ! Ah c'est très bien !

39:06

[Benjamin] Et il y a un tronc également, et un tronc, c'est pour...

39:10

[Gaël] Input ?

39:11

[Benjamin] Inputs tout

39:11

[Gaël] Elle est à loin, un dernier après.

39:13

[Cyril] Un

39:13

[Benjamin] à fait, un dernier.

39:14

[Cyril] tran, un tran avec ce tran, c'est utilisé en agriculture.

39:16

[Cyril] Je dis ça parce qu'à la base, je suis agronome.

39:18

[Benjamin] et bien pas nous, du coup on ne savait pas.

39:21

[Gaël] Nous les parisiens, on ne sait pas.

39:21

[Benjamin] Explosion de gradient, il est à P, c'est bizarre ça, pourquoi il est à P ?

39:31

[Gaël] Si t'en as pas, c'est pas grave, hein.

39:32

[Benjamin] Non, j'en ai... En fait, je ne veux pas trop divulgacher, le mieux, on mettra évidemment le lien dans les show notes pour que tout le monde puisse aller en profiter.

39:40

[Gaël] que tout le monde puisse aller en profiter

39:41

[Gaël] mon préféré c'est quand même Fardage parce que je vois et vraiment tu sais le fait de mettre du fard etc

39:46

[Gaël] je trouve ça très très joli

39:48

[Gaël] j'avais dit qu'on ferait pas en intro qu'on ferait pas un épisode de 45 minutes

39:52

[Gaël] vu qu'on est à 42 minutes 7

39:55

[Benjamin] Oh non, on n'est même pas à 42 parce qu'il y avait toute l'intro, la préparation, quand c'est assis, etc.

40:01

[Benjamin] On n'est même pas à 40, là tu peux y aller.

40:03

[Gaël] Est-ce qu'on se donnerait pas un dernier mot et on se retrouve une prochaine fois pour régler le reste ?

40:10

[Benjamin] Alors moi j'aurais bien parlé quand même des moustaches, ça nous prend deux minutes.

40:15

[Benjamin] J'ai trouvé ça assez rigolo, c'est une petite brève sur le site de Euronews.

40:22

[Benjamin] En Angleterre, au Royaume-Uni, les enfants qui se dessinent des moustaches pour contourner

40:27

[Benjamin] les contrôles d'âge en ligne, je trouvais ça très mignon.

40:29

[Gaël] avec les photos

40:32

[Benjamin] Oui reconnaissance contrôle d'âge avec reconnaissance faciale et donc soit ils utilisent des vidéos de jeux vidéo où les gens tournent la tête

40:40

[Benjamin] soit tout simplement ils vont emprunter le maquillage de leur maman

40:46

[Benjamin] se dessine des moustaches et il se farde c'est

40:47

[Gaël] Il se farde du coup, c'est du fardage à l'IA.

40:50

[Benjamin] du fartage d'IA et voilà la boucle est bouclée on

40:52

[Benjamin] a loupé Transi-classe dis donc

40:53

[Gaël] - Ah, wow ! - Ouais.

40:55

[Benjamin] et donc j'ai trouvé ça assez mignon et ils sont 47% à trouver

40:59

[Benjamin] que c'est vraiment très facile de passer outre les contrôles d'âge comme quoi ça valait bien la

41:07

[Benjamin] peine de nous en kikiner.

41:08

[Gaël] sachant que alors c'était il y a huit ans à peu près moi je travaillais donc du

41:12

[Gaël] coup sur les robots nao et paper et on avait une vraie problématique c'est que

41:18

[Gaël] il ya certains visages et certaines ethniques qui étaient très mal

41:22

[Gaël] reconnues en fait par les modèles de reconnaissance faciale et donc du coup

41:25

[Gaël] bah juste le robot ne comprenait pas qu'il y avait quelqu'un en face de lui

41:29

[Gaël] est ce que toutes ces

41:32

[Gaël] logiciels de reconnaissance faciale pour accéder à des sites, est-ce que ça exclut pas une partie de la population ?

41:39

[Benjamin] probablement mais c'est surtout que c'est complètement débile, c'est dangereux et

41:44

[Benjamin] puis ben on voit que s'il suffit...

41:47

[Gaël] Je veux dire qu'il ne faut pas rentrer dans le débat parce que de base il faut dire non au débat en amont, c'est ça ?

41:50

[Benjamin] Alors, à la base, il faut...

41:52

[Gaël] Non, deux bases, parce que là il y a vraiment deux bases...

41:55

[Benjamin] on a déjà eu ce débat-là.

41:57

[Gaël] Ouais vas-y.

41:57

[Benjamin] Et puis non, et sur le même sujet il y avait aussi la quadrature du net qui, dans un article paru hier, nous mettait en garde sur la loi au parlement.

42:09

[Benjamin] proposition de loi pardon, qui va interdire d'accès les réseaux sociaux aux jeunes de moins de 15 ans,

42:13

[Benjamin] on en a déjà parlé, ça revient. La quadrature du net reste vigilante et nous en reparle et c'est un

42:22

[Benjamin] vrai souci, c'est que sous couvert de est-ce que vous êtes pour le terrorisme, est-ce que vous êtes

42:28

[Benjamin] pour la pédopornographie, et ben du coup vous êtes pour le contrôle à l'entrée de tous les sites

42:32

[Benjamin] internet, c'est vraiment problématique et pour l'instant il faut être vigilant et...

42:39

[Benjamin] il va falloir exprimer son mécontentement.

42:42

[Gaël] Ouais bah c'est un combat qui sera infini. De toute façon, ça fait longtemps que les pouvoirs publics veulent nous contrôler sur internet, ils n'aiment pas que ce soit des zones potentiellement d'ombre.

42:56

[Benjamin] Je suis pas d'accord, c'est quand même rester à peu près, ouais, globalement libre pendant très longtemps Internet, ces

43:03

[Gaël] Oui.

43:04

[Benjamin] attaques elles sont quand même très récentes.

43:07

[Gaël] Ouais, je dirais que ça fait une dizaine d'années, non ?

43:09

[Benjamin] ça fait moins ça fait moins regarde là l'australie qui a fait ça c'était au mois de décembre il y a eu plusieurs mandatures

43:19

[Benjamin] on a été relativement tranquille. Alors en fait je pense que j'en sais rien mais j'imagine que la

43:25

[Benjamin] raison fondamentale c'est que les parlementaires n'y comprenaient rien, n'étaient pas sur internet

43:30

[Benjamin] et que du coup ça les intéressait pas. Je peux

43:33

[Gaël] - Mm-hmm.

43:34

[Benjamin] me tromper et que ben ils ont fini par comprendre

43:36

[Benjamin] ce qu'était internet et puis alors ça dit "oulala"

43:40

[Gaël] Ça fait peur hein ?

43:40

[Benjamin] fait peur et voilà et en plus avec les événements récents ça leur donne des bonnes excuses pour dire

43:48

[Benjamin] non mais il faut contrôler.

43:49

[Gaël] Mmmh...

43:51

[Cyril] Je voulais juste dire un truc sur cette histoire de contrôle parce que vous parliez

43:54

[Cyril] aussi des choses qui devaient être interdites lors de la dernière émission.

43:58

[Cyril] En fait, je pense que souvent les parlementaires confondent à qui il

44:03

[Cyril] faut interdire des choses. Et en fait, on essaye toujours, parce que c'est

44:07

[Cyril] facile d'interdire des choses aux consommateurs, et par contre, on oublie

44:12

[Cyril] les agents économiques. Mais en fait, c'est les agents économiques qui ont un

44:16

[Cyril] impact le plus fort.

44:18

[Cyril] Donc c'est eux qu'il faut réguler, pas interdire mais réguler, leur empêcher de faire du mal aux autres

44:23

[Cyril] parce que sinon ils vont faire ce qui est dans leur intérêt, ce qui est tout à fait logique dans le système actuel.

44:29

[Cyril] Et par contre les consommateurs, il faut les responsabiliser et c'est beaucoup plus dur.

44:35

[Cyril] plus facile de faire une loi pour empêcher les gens de faire des trucs que de faire des

44:43

[Cyril] lois pour réguler le travail des gens qui sont censés faire du bien et pas de mal.

44:46

[Benjamin] Et puis c'est aussi une question d'éducation, il faut que les gens sachent, comprennent, expliquent à ses enfants, parce que moi je ne dis

44:55

[Gaël] mais je pense que là...

44:56

[Benjamin] pas que tous les enfants doivent pouvoir aller partout, j'ai interdit à mes enfants TikTok encore aujourd'hui, donc je ne pense pas que l'interdiction en soi est une mauvaise chose, mais je pense que le flicage systématique de l'ensemble des citoyens pour un problème qu'on n'a pas géré en amont,

45:15

[Benjamin] est une très mauvaise solution et même probablement la pire.

45:17

[Gaël] parce qu'on parle du cas très spécifique des mineurs sur les réseaux sociaux etc mais oui je sais mais en fait

45:22

[Benjamin] Oui mais c'est l'excuse, c'est la boîte de Pandor, c'est l'excuse pour ouvrir la boîte de Pandor.

45:26

[Gaël] le chat control on en a beaucoup parlé là ça

45:28

[Benjamin] - Mm-hmm.

45:29

[Gaël] s'applique à tout le monde et en fait c'est ça à chaque fois le vrai but et

45:32

[Gaël] encore une fois tout va bien

45:35

[Gaël] tant qu'on est dans des régimes qui nous veulent pas trop de mal ou quoi que ce soit mais en fait

45:41

[Gaël] plus il y a de contrôle

45:45

[Gaël] plus c'est facile après de mettre en place des modèles de ségrégation, des modèles

45:53

[Gaël] même d'emprisonnement ou quoi que ce soit donc je pense que même les parlementaires

46:00

[Gaël] ou bien ils comprennent très bien ce qu'ils font.

46:02

[Benjamin] souvent ils sont naïfs, c'est vrai, c'est ça ce que tu veux dire.

46:04

[Gaël] soit ils sont naïfs

46:05

[Benjamin] - Mmh.

46:06

[Gaël] et donc du coup auquel cas bon bah ils disent que voilà on a une démocratie

46:10

[Gaël] qui va durer pour toujours et c'est très très bien et donc du coup on fait en sorte que tout

46:14

[Gaël] monde vive le mieux pour j'espère que c'est ça ou alors ils savent très bien ce qu'ils font et

46:21

[Gaël] ils préparent en fait

46:22

[Benjamin] il y a probablement un peu des deux.

46:24

[Gaël] Oui et je pense que c'est un spectre, c'est pas binaire.

46:26

[Gaël] Mais

46:26

[Benjamin] - Oui.

46:26

[Gaël] tu veux qu'on avance, on est vraiment parti pour une heure et demie.

46:31

[Benjamin] Non, non, je voulais juste aborder un tout dernier sujet parce que sinon, je sais qu'on va l'oublier la semaine prochaine.

46:38

[Benjamin] Et on

46:39

[Gaël] on l'aurait oublié cette prochaine.

46:40

[Benjamin] l'aura oublié la semaine prochaine et parce que ce podcast s'appelle R.D.G.P., ce qui est un clin d'œil subtil au R.G.P.D.

46:46

[Gaël] Ah... D'accord, j'ai pas compris.

46:49

[Benjamin] Ah tu n'avais pas compris !

46:50

[Benjamin] Et non, je voulais partager un succès de NOYB, none of your business,

46:56

[Benjamin] qui est l'association de Max Schremm,

46:58

[Benjamin] qui a fait condamner l'ORF, donc en gros c'est l'ORTF mais en Autriche,

47:06

[Gaël] (rires)

47:07

[Benjamin] des boutons de cookie banner qui était... qui n'avait pas la bonne taille, la bonne importance.

47:17

[Benjamin] En gros, oui, accepter tous les cookies, il était super visible, et non, je veux pas de tes cookies,

47:22

[Benjamin] étaient cachés, petits, comme sur tout, et ben ils

47:25

[Gaël] comme sur tous les sites en fait.

47:27

[Benjamin] ont obtenu gain de cause. Donc

47:29

[Gaël] Ok.

47:30

[Benjamin] c'est plutôt une

47:30

[Benjamin] bonne nouvelle, et dans les moins bonnes nouvelles toujours sur les cookies banner.

47:37

[Benjamin] c'est Lea Linux qui a posté sur BlueSky un message pour s'énerver contre un site où le bouton

47:50

[Benjamin] sans accepter, qui n'est même pas un bouton d'ailleurs qui n'est pas très visible, c'est un lien,

47:56

[Benjamin] il apparaît

47:56

[Gaël] texte en général.

47:57

[Benjamin] au bout de deux secondes, ce qui fait que quand tu arrives sur le Cookie Banner,

47:59

[Gaël] - Ah...

48:00

[Benjamin] tu n'as pas de lien pour refuser les cookies, mais si tu attends deux secondes, là il apparaît et,

48:05

[Benjamin] en regardant dans le code source, la Linux s'est aperçue que ce n'était pas un bug,

48:11

[Benjamin] c'était volontaire

48:11

[Gaël] volontaires.

48:12

[Benjamin] et il y a dans la feuille de Steel un animation delay qui affiche la chose

48:18

[Benjamin] au bout de deux secondes

48:20

[Gaël] Javascript slip 2.

48:21

[Benjamin] Non, ce n'est pas du JavaScript, c'est du CSS mais ça revient au même et Iris, qui ne pouvait pas être là aujourd'hui pour cause de pont,

48:29

[Benjamin] vous avez remarqué que l'Association Pure avait déjà porté plainte pour ce type de comportement.

48:37

[Benjamin] Et donc si vous en êtes victime, n'hésitez pas à donner un mandat à Pure.

48:42

[Gaël] Je me rends pas compte des gains générés par les cookies, pourquoi est-ce qu'il y a autant de volonté de faire des antipaternes tout le temps ?

48:52

[Benjamin] Parce que la valeur d'un profil qui est profilé, parce que tu sais sur quel site il a été depuis 6 mois, ce qu'il fait etc.

49:02

[Benjamin] est infiniment supérieure à quelqu'un qui refuse tous les cookies parce que là t'envoies de la pub à l'aveugle.

49:07

[Gaël] mais je me rends pas compte, tu vois, est-ce que ton profil à toi, il vaut 1€, 10€, 100€ ?

49:14

[Benjamin] Alors c'est même pas en termes de valeur parce que ça dépend aussi de combien de sites et donc combien de bannières tu vas consulter mais c'est un problème de comparaison par rapport à celui qui refuse tous les cookies.

49:25

[Gaël] *Bruit de dégoût*

49:30

[Benjamin] ton téléphone ou partout ? Moi sur mon téléphone j'utilise toujours firefox focus donc comme ça les

49:38

[Benjamin] cookies je les accepte assez régulièrement mais dès que je ferme et ben ils sont ils sont

49:44

[Gaël] On termine, un petit mot de la fin peut-être à Cyril qu'on lui avait dit qu'on se laissait la parole, etc.

49:51

[Gaël] Finalement ça fait 20 minutes qu'on lui a pas laissé la parole.

49:55

[Benjamin] On te laisse le mot de la fin Cyril.

49:56

[Cyril] Moi je suis bavard, il ne faut pas me la laisser sinon je ne vous la rends plus.

50:00

[Benjamin] Alors tu as le droit à un mot.

50:00

[Cyril] Non, je voulais juste dire, dans toute cette...

50:09

[Cyril] folie de développement des IAD, course à l'échalote, etc.

50:14

[Cyril] Je voulais quand même dire une petite note d'optimisme.

50:19

[Cyril] Il faut voir que les gens qui sont embauchés aujourd'hui pour faire les

50:23

[Cyril] modèles et pour travailler dans ces boîtes, c'est pour beaucoup des gens qui

50:26

[Cyril] sont extrêmement diplômés, notamment qui ont fait des doctorats.

50:30

[Cyril] Ce qui s'est jamais vu, on n'a jamais eu autant d'embauches de doctorants ou de doctorats, enfin de docteurs, en mathématiques, en informatique, etc.

50:39

[Cyril] Et à part dans les biothèques, mais là ils sont dans un domaine qui est très très très difficile, et puis c'est un petit nombre de personnes.

50:47

[Cyril] Ces gens-là ont été nourris toute leur vie par le logiciel libre, parce qu'ils ne peuvent pas travailler.

50:55

[Cyril] et ils ont une compréhension du monde qui n'est pas la compréhension standard et ils n'ont pas fait une école de commerce.

51:02

[Cyril] Je suis un peu critique sur la formation des écoles de commerce, pas parce qu'elles forment le commerce, mais parce que je trouve qu'elles forment mal.

51:10

[Cyril] Et donc, on peut espérer.

51:14

[Cyril] que les modèles, notamment de l'open source, se développent plus aujourd'hui après cette révolution,

51:21

[Cyril] en tout cas en cours de révolution qu'il ne l'était précédemment, malgré les pressions d'économie du marché, etc.

51:29

[Cyril] J'espère que je vais donner quand même juste quelques lueurs d'espoir.

51:35

[Benjamin] Et bien merci pour ces lueurs Cyril, merci Gaël.

51:39

[Gaël] ça montre aussi...

51:41

[Benjamin] Ah bah ça tu remets une pièce toi.

51:42

[Benjamin] Non c'était le mot de la fin, c'est

51:42

[Benjamin] Non c'était le mot de la fin, c'est le mot de la fin, c'est pas le

51:45

[Benjamin] le mot de la fin, c'est pas le mot de l'avant fin.

51:45

[Gaël] Si

51:46

[Gaël] vous nous envoyez des messages en fait diverse et qu'on n'est pas d'accord avec vous, on vous forcera à venir au Vodcast d'après.

51:55

[Gaël] Vas-y, cette fois !

51:57

[Benjamin] et visiter Issy-les-Moulineaux.

51:58

[Gaël] Oui.

51:59

[Benjamin] Merci à toutes et à tous, vous avez écouté RdGP, le podcast sérieux qui vous emmène au cœur des enjeux des droits numériques, des libertés individuelles et de la vie privée.

52:06

[Benjamin] Ce podcast est hébergé par Castopod, solution open source libre et gratuite d'hébergement de podcast.

52:11

[Benjamin] N'oubliez pas que vous pouvez intervenir à tout moment avec nous sur le Fédiverse et en particulier sur Mastodon.

52:17

[Benjamin] peut-être que vous serez là la semaine prochaine si vous le faites en commentant, likant ou partageant cet épisode.

52:23

[Benjamin] Merci et à la semaine prochaine !

52:25

[Cyril] voir.

52:27

[Générique] *musique d'outro*