[Générique] L'informatique doit être au service de chaque citoyen.
[Générique] Son développement doit s'opérer dans le cadre de la coopération internationale.
[Générique] Elle ne doit porter atteinte ni à l'identité humaine, ni aux droits de l'homme, ni à la
[Générique] vie privée, ni aux libertés individuelles ou publiques.
[Gaël] Bonjour, vous écoutez RdGP, le podcast sérieux qui vous emmène au cœur des enjeux des droits
[Gaël] numériques, des libertés individuelles et de la vie privée.
[Gaël] Bienvenue dans cette nouvelle revue de l'actu numérique et aujourd'hui je suis accompagné
[Gaël] de Benjamin.
[Gaël] Bonjour Benjamin.
[Benjamin] Bonjour Gaël !
[Générique] *musique*
[Benjamin] Et pour commencer, un petit nouveau que vous avez déjà entendu dans RdGP donc pas si
[Benjamin] nouveau que ça, Cyril qui commence cette nouvelle année avec une nouvelle chronique.
[Benjamin] Alors de quoi va nous parler Cyril ? Un sujet niche ? T'as une idée ? Un truc ? Oui vas-y !
[Gaël] L'intelligence... L'intelligence artificielle ?
[Benjamin] exactement l'intelligence artificielle. Cette émission est excessivement bien préparée,
[Benjamin] vous allez remarquer. Cyril, on t'écoute.
[Cyril] Cette semaine, une camarade de bureau parlait avec ses collègues à l'heure du repas et je n'ai pas pu m'empêcher d'écouter.
[Cyril] Eh ben voilà, disait-elle, avec une désinvolture qui n'avait d'équivalent que la gravité de ses propos,
[Cyril] les IA se reproduisent elles-mêmes, elles se développent, et de génération en génération, elles deviennent de plus en plus intelligentes,
[Cyril] et puis au bout de la version 14, elles décident de supprimer le genre humain, et boum, elles hackent le lancement des missiles nucléaires, et c'est la fin.
[Cyril] Cette bribe de conversation m'aurait juste fait sourire par la dramatisation de son issue
[Cyril] et la simplification extrême de son processus si je ne l'avais pas entendue, à quelques détails
[Cyril] de fiction près une bonne dizaine de fois cette semaine.
[Cyril] Dans le métro, dans le bus, à la radio, dans les cafés, Paris semble s'être tout
[Cyril] à coup rendu compte que quelque chose de grave arrivait avec l'intelligence artificielle.
[Cyril] L'histoire a véritablement commencé mi-septembre quand Dario Amodei, dirigeant et fondateur
[Cyril] d'Anthropic de son état, a publié un communiqué de trois pages apostrophant ses confrères
[Cyril] dans le but de faire une pause dans le développement frénétique des modèles d'IA.
[Cyril] Son appel a aussitôt été repris par ses confrères d'OpenAI, SpaceX et Google DeepMind pour
[Cyril] confirmer leur très grande inquiétude.
[Cyril] La presse s'est aussitôt fait l'écho de ces cassandrades, excusez-moi l'invention,
[Cyril] pour expliquer combien l'avancée incroyable des modèles développés par ces quatre compagnies
[Cyril] et leurs concurrents chinois, fait courir à l'humanité tout entière un très grave
[Cyril] danger.
[Cyril] Cet épisode aux accents dystopiques m'en a rappelé un autre, celui du débat sur les
[Cyril] OGM à la fin des années 90.
[Cyril] Les similarités sont troublantes en effet, comme aujourd'hui on parlait d'une révolution
[Cyril] technologique qui pouvait porter de graves conséquences.
[Cyril] Comme aujourd'hui, l'argument principal était l'impossibilité de revenir en arrière
[Cyril] si on s'apercevait des conséquences néfastes.
[Cyril] Comme aujourd'hui, les arguments qui étaient alors mis en avant n'étaient pas forcément
[Cyril] ceux qui portaient le risque le plus élevé.
[Cyril] N'anticipons pas. Pour les plus jeunes d'entre nous et pour ceux dont la mémoire fait un peu
[Cyril] défaut sur un épisode de la vie publique qui remonte à plus de 25 ans, je vais replacer un
[Cyril] un peu le contexte. Il se
[Cyril] trouve que j'ai vécu ces événements de près. Encore étudiant, dans la première moitié des
[Cyril] années 90, j'ai travaillé dans un laboratoire d'une grande université américaine dont les principaux
[Cyril] financeurs étaient de grands semenciers. Bon nombre de mes collègues poursuivaient des recherches sur la
[Cyril] modification génétique d'espèces cultivées comme le tabac, le maïs ou les tomates, afin de
[Cyril] rendre ces variétés modifiées plus
[Cyril] résistantes aux insectes, aux maladies, mais aussi aux pesticides et aux désherbants.
[Cyril] Pour l'anecdote, je collaborais alors à des recherches pour les mêmes financeurs,
[Cyril] mais dans le domaine de l'intelligence artificielle, la vision artificielle pour être plus exact.
[Cyril] l'autorisation et la commercialisation à grande échelle du soja transgénique aux
[Cyril] Etats-Unis en 1996 ont agi comme un détonateur mondial, suscitant une levée de boucliers
[Cyril] particulièrement forte en Europe.
[Cyril] en France, l'opposition a pris un tournant plus musclé, avec l'apparition d'actions
[Cyril] de désobéissance civile, comme les premiers fauchages volontaires de champs d'essais
[Cyril] transgéniques en 1998 et l'engagement très médiatisé de la Confédération paysanne
[Cyril] en 1999, dont José Bové était le porte-parole et le cofondateur.
[Cyril] Face à l'ampleur de la controverse éthique, environnementale et sanitaire, l'Union européenne
[Cyril] a été contrainte d'instaurer un moratoire de fait sur les nouvelles autorisations d'OGM
[Cyril] entre 1998 et 2004.
[Cyril] Le clivage sociétal de l'époque entre les politiques agricoles européennes et le monde
[Cyril] paysan est toujours particulièrement sensible et structurant aujourd'hui.
[Cyril] Or, ce qui me frappait à l'époque, c'était le déséquilibre flagrant entre les différents arguments propagés dans les médias.
[Cyril] On ne parlait presque que du danger pour la santé humaine, faisant miroiter des catastrophes
[Cyril] sanitaires incontrôlables à court et moyen terme.
[Cyril] L'histoire qu'on entendait à l'époque, et ben voilà, les OGM se reproduisent, elles
[Cyril] se développent, de génération en génération, elles deviennent de plus en plus résistantes,
[Cyril] et puis au bout d'un moment, elles se propagent dans la nature et un jour on découvre que
[Cyril] l'une d'entre elles est toxique et tout le monde meurt et c'est la fin.
[Cyril] Ça vous rappelle quelque chose ?
[Cyril] Bon, j'avoue, je tire un peu fort le trait, mais à l'époque on parlait finalement assez peu de deux
[Cyril] risques majeurs qui pourtant justifiaient à eux seuls le moratoire ou l'interdiction. Tout d'abord la
[Cyril] perte de la biodiversité et enfin, et c'est pas le moindre, la suprématie économique des semenciers.
[Cyril] Cependant, il est bien trop long.
[Cyril] compliqué et subtil d'expliquer à des profanes pourquoi ce risque est inacceptable à prendre et
[Cyril] représente un danger bien plus grand pour le bien-être de tous, la flore, la faune et
[Cyril] notre capacité à nous nourrir. Alors on a mis en avant un danger plus paniquant,
[Cyril] même si le risque associé était beaucoup moins important que celui de la dépendance aux
[Cyril] semenciers, de la perte de la biodiversité et des risques systémiques que cela faisait
[Cyril] courir à l'humanité et à la planète. Avec un argument majeur que Benjamin a rappelé
[Cyril] quand on en parlait hier, une fois dans la nature, on ne peut plus revenir en arrière.
[Cyril] La panique actuelle portant sur l'intelligence artificielle peut être lue avec les mêmes
[Cyril] clés.
[Cyril] Il se trouve que depuis longtemps, et RdGP a évoqué plusieurs fois cette question, tout
[Cyril] le monde se pose la question de la fin possible de la course à l'armement qui se déroule
[Cyril] sous nos yeux depuis 3 ou 4 ans.
[Cyril] les trois mois, l'un des leaders du développement d'IA générative, s'appuyant sur de gros modèles
[Cyril] de langage comme Anthropic, OpenAI, Google DeepMind et SpaceX, anciennement xAI, développeur de Grok,
[Cyril] sans compter leurs homologues chinois, sort un modèle plus puissant, plus incroyable,
[Cyril] censé rafler le marché.
[Cyril] Force est de constater qu'aujourd'hui, en septembre 2026, aucun de ces acteurs n'a
[Cyril] pris une position dominante incontestable dans cette course effrénée au modèle
[Cyril] le plus gros et le plus performant.
[Cyril] Le coût financier d'un modèle frontière va bientôt dépasser le milliard d'euros
[Cyril] et Dario Amodei avait même évoqué un coût de plus de 10 milliards d'euros
[Cyril] pour chaque modèle à horizon 2028.
[Cyril] La consommation se mesure déjà en dizaines de gigawattheures pour le seul apprentissage de ces gros bébés,
[Cyril] c'est-à-dire la consommation semi-annuelle de la population d'une ville comme Aix-en-Provence.
[Cyril] Économiquement, la seule justification de tels investissements repose sur la théorie du
[Cyril] « winner takes all », c'est-à-dire que celui qui arrive en tête rafle la mise et prend
[Cyril] une part de marché tellement importante que sa valorisation et ses profits explosent.
[Cyril] C'est par exemple ce qui s'est passé dans les années 90 avec Microsoft, dans les années
[Cyril] 2000 avec Google, puis Amazon, et dans les années 2010 avec Meta.
[Cyril] Cependant, la réalité du marché est très différente, ces quatre acteurs américains
[Cyril] et leurs concurrents chinois se sont répartis le marché avec une certaine équité dans
[Cyril] sa distribution, ce qui rend presque impossible en l'état d'imaginer un retour sur investissement
[Cyril] pour des parts de marché mondiales oscillant entre 5 % et 20 % à terme.
[Cyril] Il est assez difficile de savoir exactement quelles sont les parts de marché des uns et des autres.
[Cyril] Cependant, on sait par exemple qu'Anthropic est passé devant OpenAI avec une estimation respective en 2026 de 47 milliards de dollars contre 33 milliards de dollars,
[Cyril] ce qui les met quasiment à égalité, alors qu'OpenAI avait plus de la moitié des parts de marché globales il y a un an seulement.
[Cyril] Une autre dynamique vient assombrir encore le paysage pour ces acteurs dont
[Cyril] la valorisation repose uniquement sur la promesse d'une surpuissance accompagnée d'une position
[Cyril] dominante et d'une rentabilité tout aussi extraordinaire.
[Cyril] Les récents dérapages incontrôlés de ces nouveaux modèles frontières, quand on les
[Cyril] lâche sur des tâches sensibles comme la cybersécurité ou le service client, le pricing, la production
[Cyril] de contrats, les modèles financiers, le trading, la défense… Un dérapage du dernier modèle
[Cyril] comme Mythos ou Astra n'est pas tant un problème de dégâts causés directement, mais beaucoup
[Cyril] plus le risque qu'il fait peser sur ces entreprises de mégaprocès, à horizon un an ou deux.
[Cyril] il n'y a pas d'assureur au monde qui puisse couvrir le risque de milliers voire de millions d'entreprises
[Cyril] qui attaqueraient ces acteurs parce que leur IA a tout à coup provoqué des dégâts matériels,
[Cyril] incendies, explosions de vannes, mauvais dimensionnement d'une pièce de véhicule,
[Cyril] financiers, par exemple les conditions financières inadaptées, contrats incompatibles entre eux,
[Cyril] mauvais calculs de risques financiers, ou de sécurité, intrusions, actions terroristes ou criminelles,
[Cyril] mise à plat de services en ligne vitaux.
[Cyril] Dario Amodei, quand il invoque les risques des IA qu'il développe chez Anthropic et
[Cyril] ses petits camarades quand ils lui emboîtent le pas, ont tous ces risques en tête.
[Cyril] Il y a un ou deux ans, ces risques étaient compensés par l'opportunité de gagner
[Cyril] la course au modèle frontière.
[Cyril] Aujourd'hui, cet espoir s'est presque envolé.
[Cyril] Il ne reste que du risque et pas de récompense à la hauteur des coûts investis et à investir.
[Cyril] Cependant...
[Cyril] La loi américaine comme la loi européenne ne permet pas à ces acteurs de s'entendre
[Cyril] pour arrêter les frais.
[Cyril] Au nom du souverain bien des consommateurs, il est interdit de s'entendre ou de se
[Cyril] concerter sur les prix ou les conditions de mise sur le marché de nouveaux produits.
[Cyril] Alors, il ne reste qu'une seule issue, invoquer le risque sur le bien public.
[Cyril] Et plus la catastrophe évoquée est grande, moins ces acteurs risquent un procès pour
[Cyril] entente de la part du gouvernement américain ou de l'Union européenne.
[Cyril] C'est donc moins le risque de l'émergence d'un Skynet et de ses petits Terminators
[Cyril] que Dario, Sam, Elon et Demis ont en tête, selon moi,
[Cyril] mais bien leur portefeuille et la cascade fatale de procès qui conduirait à leur annihilation in fine.
[Cyril] Une régulation portant sur la sécurité associée aux tests et aux contrôles de ces modèles ralentirait de fait leur mise sur le marché et mettrait aussi un peu de distance avec les petits challengers qui n'auraient pas les moyens de mettre en œuvre de telles mesures, ni celui d'attendre que les tests soient validés par une instance de contrôle.
[Cyril] Qu'on ne s'y méprenne pas.
[Cyril] Je pense sincèrement qu'il faut ralentir et réguler la mise sur le marché de ces
[Cyril] modèles, à l'instar de l'UE qui avait mis en place un moratoire sur les OGM.
[Cyril] Comme il y a 30 ans, je pense aussi qu'il sera impossible de remettre dans leur boîte
[Cyril] les IA déchaînées et survitaminées.
[Cyril] Mais je pense aussi que
[Cyril] le débat et la panique actuels ont des motivations qui vont à l'encontre des
[Cyril] vrais enjeux pour le public. Assurer un pluralisme des acteurs,
[Cyril] empêcher la formation d'un oligopole, arrêter le pillage de nos données,
[Cyril] définir un cadre légal pour les responsabilités professionnelles et la
[Cyril] liste est encore longue.
[Cyril] En créant une angoisse fictive, on masque les vrais problèmes et on empêche un débat sain et ouvert.
[Cyril] finirai sur un point essentiel qui rapproche aussi le débat d'aujourd'hui avec celui des OGM d'il y a
[Cyril] 30 ans. À l'époque, on abordait peu la question de la propriété du patrimoine génétique mondial et
[Cyril] de son appropriation par un oligopole de semenciers. En réduisant la diversité, ils créaient une
[Cyril] dépendance de toute la chaîne agricole et donc de l'alimentation humaine à leur production patentée.
[Cyril] Aujourd'hui, une poignée de géants de la tech cherche à s'approprier le savoir de
[Cyril] l'humanité pour nous rendre tous aussi dépendants.
[Cyril] Si nous sommes au bord d'un gouffre, pour reprendre la célèbre blague, il est peut-être
[Cyril] temps de ne pas faire un grand bond en avant, mais plutôt un pas de côté.
[Benjamin] Merci Cyril pour cette chronique, n'hésitez pas à nous faire vos retours sur le Fédiverse et en particulier sur Mastodon en commentant cet épisode.
[Benjamin] On continue, de quoi on parle aujourd'hui ?
[Gaël] À peu près, des nouveaux sujets, je te laisse tourner la roue, que ce soit...
[Benjamin] brrr, tut tut tut tut
[Gaël] Les lunettes Meta, Android...
[Benjamin] tut tut tut tut tut tut tut tut tut, et ça tombe sur Android.
[Gaël] Oh wow, félicitations !
[Benjamin] Et bah il y a du nouveau sur Android, finalement ils ont
[Gaël] Il y a de...
[Benjamin] décidé de tout laisser ouvert et
[Benjamin] open source.
[Gaël] - Ouais, exactement. Et ils vont même donner plusieurs milliards pour le déploiement et des nouveaux développements.
[Benjamin] Oui, alors en fait, non pas du tout. Comme on s'y attendait, ça sent pas très bon et Android se referme.
[Benjamin] Et donc c'est un article que j'ai lu sur rvier.fr.
[Benjamin] Alors je ne connaissais pas ce site, je crois que c'est la première fois que je suis tombé dessus,
[Benjamin] et qui nous parle d'un développeur depuis 2013, qui fait des petits programmes Android à titre perso,
[Benjamin] pour le boulot public ou pas public, enfin un peu dans tous les cas de figure possibles et inimaginables,
[Benjamin] et qui a recensé les quatre clous que Google est en train de planter dans le cercueil d'Android Open Source.
[Benjamin] Android Open Source, on connaît, ça s'appelle AOSP, c'est ça, AOSP,
[Gaël] - AOSP,
[Benjamin] Android Open Source Project.
[Gaël] exactement AOSP, ils voulaient l'appeler SPQR
[Benjamin] Et donc en fait...
[Gaël] au début mais ils se sont dit que ça...
[Benjamin] C'était déjà pris. Et donc alors les quels sont-elles ces quatre clous ?
[Benjamin] La première chose, c'est que dorénavant, il va falloir que pendant 14 jours,
[Benjamin] 12 testeurs aient testé l'application.
[Gaël] Douze testeurs chez Google ou du...
[Benjamin] Non, 12 testeurs. Donc il faut que 12 personnes aient testé l'application.
[Gaël] Ah, il faut que 12 personnes testent l'application.
[Benjamin] Il faut que tes douze potes testent mon application pendant 14 jours.
[Gaël] 12 agents Claude.
[Benjamin] Tiens, c'est une bonne question. Qu'est-ce qui se passe si tu balances des agents ?
[Benjamin] À mon avis, ça va se voir.
[Gaël] - Ouais, c'est pas mal, c'est pas mal. - C'est pas mal, c'est pas mal.
[Benjamin] Mais du coup moi je me dis, il y a probablement une nouvelle émission de télé-réalité organisée là-dessus, sur le sujet.
[Gaël] Ah d'accord, tu mets douze testeurs d'une application ?
[Benjamin] Ouais 12 testeurs, 14 jours à la fin, il n'en restera qu'un et il faut trouver des bugs.
[Gaël] Donc 12 personnes qui testent en bêta ou en alpha du coup.
[Benjamin] Avant de pouvoir publier l'application.
[Gaël] Ok, ensuite...
[Benjamin] Donc on comprend l'idée, c'est juste que ça devient vachement restrictif et compliqué.
[Benjamin] Ensuite, la vérification d'identité de Google, et alors là le problème c'est qu'on sait pas trop ce qui vérifie,
[Benjamin] les critères sont pas très clairs, d'une fois sur l'autre une pièce d'identité peut suffire ou pas.
[Benjamin] C'est un peu à la tête du client,
[Gaël] Ok
[Benjamin] donc c'est assez problématique.
[Benjamin] L'installation des applications hors Play Store, ça on en a déjà parlé dans RdGP.
[Gaël] Les APK...
[Benjamin] Les APK, eh ben maintenant c'est bridé avec un délai de carence de 24 heures, donc il faut une
[Benjamin] authentification biométrique et puis valider et dire oui je suis d'accord, il faut envoyer une
[Benjamin] goutte de son sang à Google pour analyse génétique, non je dis n'importe quoi, ouais.
[Gaël] un recommandé, ça me fait penser à H2G2, il y a un moment dans le film où ils expliquent
[Gaël] tous les processus pour pouvoir avoir une réponse.
[Benjamin] Alors H2G2, The Hitchhiker's Guide to the Galaxy.
[Gaël] - Galaxy.
[Benjamin] Exactement.
[Gaël] - Exactement.
[Benjamin] Tu dis H2G2, comme si tout le monde savait H2G2.
[Gaël] C'est de là que vient la référence de 42 que tous les geeks connaissent.
[Benjamin] les serviettes, les poissons, les dauphins, tout ça.
[Gaël] Exactement, waouh t'es fan hein !
[Benjamin] Oh non, je suis pas fan, mais moi je suis plus... Comment il s'appelle ? Ah, le détective holistique là. Ça y est, j'ai un trou.
[Gaël] j'ai pas
[Benjamin] Tu connais pas le détective holistique de Douglas Adams ?
[Gaël] non plus du tout
[Gaël] - Non.
[Benjamin] Il a fait une série de bouquins et ça a été adapté en série, une série excellente, ça va m'énerver ça, il va falloir que je retrouve.
[Gaël] - Ok, on retrouve, mais j'ai juste
[Benjamin] Ouais.
[Gaël] une question parce que s'il faut de la biométrie sur ton téléphone déjà, est-ce que tous les téléphones Android ont de la biométrie ?
[Gaël] Ça veut dire que tu dois l'activer sur ton téléphone, ce qui n'est pas obligatoire je crois aujourd'hui, puisque tu peux le faire la protection que tu veux, tu peux le faire par module.
[Benjamin] Alors clairement, le nombre de téléphones qui sont susceptibles d'être éligibles
[Benjamin] va se réduire comme peau de chagrin.
[Gaël] Ok, donc c'est clairement assumé de leur part, il faut refermer, et on en avait déjà parlé aussi, c'était donc du coup les 24 heures d'attentes
[Gaël] entre le moment où tu déclares vouloir télécharger l'APK et le moment où réellement il se télécharge et tu peux l'utiliser.
[Gaël] Et tout ça du coup ça passe donc...
[Benjamin] Dirk Gently.
[Gaël] Je ne connais vraiment pas.
[Benjamin] Tu ne connais pas Dirk Gently, c'est incroyable.
[Gaël] Ok.
[Benjamin] Et à toutes nos auditrices et auditeurs, si vous connaissez pas Dirk Gently, commencez par la série télé, je crois qu'il y a deux saisons, c'est extraordinaire.
[Gaël] Donc...
[Benjamin] Si t'aimes H2G2, normalement tu dois aimer Dirk Gently, et moi je préfère en fait.
[Gaël] Je suis pas ultra fan de
[Benjamin] Ok.
[Gaël] H2G2, après j'ai jamais lu le bouquin donc je peux pas te le dire, mais...
[Gaël] Je suis désolé parce qu'on a fait une chronique sur les livres cet été.
[Benjamin] Ouais.
[Gaël] Mais maintenant les séries, il faut vraiment qu'on arrête de parler de numérique.
[Gaël] Il faut qu'on parle de livres et
[Benjamin] - De livre ? - Ouais.
[Gaël] de séries télé.
[Benjamin] C'est vrai.
[Gaël] ok je reviens sur le sujet je suis désolé je recadre un peu en tout cas au
[Gaël] mieux du mieux que je peux décision assumée de google de
[Gaël] refermer les accès tout ça donc les développeurs il faut qu'ils aient un
[Gaël] compte play store google etc
[Benjamin] - Ouais, ouais, et puis, enfin, donc on vérifie beaucoup le développeur, son identité.
[Benjamin] Par contre, le code, rien à faire.
[Benjamin] Et c'est ce que j'ai trouvé assez intéressant et je pense que, à l'arrivée, c'est ce qui est important,
[Benjamin] c'est qu'on pourrait dire "ouais, mais Google, ils font ça pour notre bien, pour nous protéger",
[Benjamin] ben non, ils font ça pour leur bien à eux, et si on prend le...
[Benjamin] l'alternative sérieuse, en tout cas celle que moi j'utilise qui est F-Droid comme
[Benjamin] magasin d'application.
[Benjamin] Sur F-Droid, comme c'est de l'open source, il faut fournir les codes sources et les codes
[Benjamin] sources sont recompilés par F-Droid.
[Benjamin] Et donc en fait...
[Benjamin] La sécurité sur F-Droid tient au fait que F-Droid a accès au code source et que potentiellement
[Benjamin] s'il y a un logiciel malveillant qui venait se cacher dans une application, elle serait
[Benjamin] plus facile à détecter.
[Benjamin] Là chez Google, on est plus dans du...
[Benjamin] Non, non, non, non, non, non, non, non, non.
[Benjamin] la répression quoi, c'est-à-dire que tu files ton code, compilez, on sait pas ce qu'il y a dedans,
[Benjamin] et puis s'il y a un problème, comme on a pris ton empreinte digitale, ton empreinte de l'œil,
[Benjamin] tes papiers d'identité, ton livret de famille et l'adresse de tes parents,
[Benjamin] s'il y a un problème on sait où venir te chercher.
[Gaël] Je suis entièrement d'accord avec tout ça.
[Benjamin] C'est quand même... bah c'est pas la même philosophie, t'es pas d'accord avec quoi.
[Gaël] C'est juste que quand on voit un APK, pour le coup j'ai fait du développement Android, iOS, etc.
[Benjamin] Mmh.
[Gaël] Un APK, c'est globalement un gros zip.
[Benjamin] Ouais, c'est un zip.
[Gaël] tu le dézippes, si tu veux avoir accès au code, tu as accès au code. Donc je ne sais pas si aujourd'hui Google, quand tu postes sur le Play Store et que tu envoies ton APK, est-ce que oui ou non il regarde ce qu'il y a à l'intérieur, je
[Benjamin] Mais le système des permissions il dit pas ce que t'en fais quand t'as la permission.
[Gaël] ne sais pas. Mais en fait,
[Gaël] Bien sûr, mais j'ose espérer que de leur côté ils sont...
[Benjamin] -
[Gaël] sur Android, tout le système des permissions est
[Benjamin] Je vois ce que tu veux dire, mais le fait qu'avec un APK on peut, je sais pas si t'as bossé en Java, que t'as compilé ton Java, c'est très facile de décompiler du Java.
[Gaël] Je fais Java et Kotlin.
[Benjamin] mais le fait est que Google ne le fait pas, je ne pense pas qu'il le fasse, et puis c'est
[Gaël] Et puis on va mettre un peu de l'eau dans le sol.
[Benjamin] fondamentalement
[Benjamin] très différent, c'est-à-dire que dans un cas tu dis "on va vérifier l'identité de la
[Benjamin] personne", dans l'autre cas on dit "on va vérifier le code source", ce que tu télécharges c'est
[Benjamin] une application, c'est pas le... et donc ce qui est plus important que l'identité du développeur,
[Benjamin] c'est l'application que toi t'installes sur ton téléphone.
[Gaël] Alors je pense que c'est une connerie globalement, tout ce qui se passe.
[Gaël] Si tu veux poster sur le Play Store, bah en fait ils demandent tout un tas d'informations
[Gaël] comme ton nom d'identité et tout ça, bah pour la rémunération, pour faire en sorte
[Gaël] que tu puisses poster, etc.
[Gaël] C'est à dire qu'ils ont un store et je comprends qu'ils aient besoin de toutes ces informations-là.
[Gaël] Le fait de refermer en fait...
[Gaël] de t'obliger à passer par leur store. Pour moi c'est ça le point le point dur de toute cette
[Gaël] histoire puisqu'en fait ils mettent en danger FDroid et toutes les solutions qui pourraient
[Gaël] exister. Moi par exemple ça m'est déjà arrivé d'envoyer des APK à des gens parce qu'il m'a
[Gaël] demandé une application en vitesse mais en fait ça copie vachement le système d'Apple puisque sur
[Gaël] sur iOS.
[Gaël] Moi depuis que j'ai commencé à développer sur iOS, il y a des lustres et des lustres, c'était il y a une dizaine d'années je crois, pareil en fait t'étais obligé donc du coup d'avoir un compte sur le Play Store.
[Benjamin] Mais tu peux pas comparer avec l'écosystème d'Apple qui est le plus fermé de la planète.
[Gaël] Bien sûr, mais
[Benjamin] Si c'est ça la référence, effectivement.
[Gaël] non, ce que je veux dire, c'est qu'il copie Apple.
[Benjamin] Et d'ailleurs, Apple est en train de devenir plus ouvert qu'Android.
[Gaël] Sûrement. Parce que là, ils vont dans le modèle Apple, et Apple, ça va à un point où tu ne pouvais pas avoir de...
[Gaël] Tu ne pouvais pas avoir de... en allant en retour de la machine à café.
[Benjamin] C'est dur de se concentrer hein, mais pourtant je l'ai éteinte.
[Gaël] - Ouais, c'est très très... - J'ai cru que tu l'avais éteinte.
[Benjamin] Je l'ai éteinte.
[Gaël] Peu importe.
[Gaël] La machine à café s'est arrêtée, je ne sais plus où j'en étais.
[Benjamin] T'étais en train de dire que c'était vraiment une bonne nouvelle que Google sécurise Android
[Gaël] Oh, c'est que...
[Benjamin] parce qu'on avait peur.
[Gaël] Bon bref. Et t'avais tout un truc sur Apple où tu étais obligé d'utiliser un Mac, certains téléphones, etc. C'était un vrai merdier.
[Gaël] Aujourd'hui Android, ils font la même chose. C'est une mauvaise nouvelle pour les développeurs.
[Gaël] La mauvaise nouvelle n'est pas... Ils font ce qu'ils veulent sur leur Play Store. Très honnêtement,
[Benjamin] [Bruit de démonstration]
[Gaël] ils font ce qu'ils veulent sur leur Play Store.
[Benjamin] C'est pas une mauvaise nouvelle pour les développeurs, c'est une mauvaise nouvelle pour les utilisateurs.
[Gaël] Oui, mais sur la Play Store ils font un peu ce qu'ils veulent et c'est une entreprise privée tu vois, on va pas pouvoir faire grand chose, le problème c'est d'imposer ça à tout le reste du marché.
[Benjamin] Ouais, c'est une entreprise privée en situation de quasi-monopole, donc ils font pas ce qu'ils veulent, je suis pas d'accord, ils ont pas à faire ce qu'ils veulent.
[Gaël] Ok.
[Benjamin] Tant qu'ils sont en situation de quasi-monopole, non.
[Gaël] Je suis convaincu.
[Benjamin] Et alors il y avait autre chose aussi, c'est nos amis de GrapheneOS qui se sont énervés sur le Fédiverse.
[Benjamin] Pourquoi ? Eh bien parce que dans la nouvelle version Android 17 SPQR, non
[Gaël] [Rires]
[Benjamin] pas du tout, QPR1,
[Benjamin] c'est la première fois depuis Android 3 que Google a rajouté des API.
[Benjamin] sans publication dans l'AOSP, c'est-à-dire qu'ils ont rajouté des API pour eux et là
[Gaël] C'est pour les...
[Benjamin] pour l'instant que pour les Google Pixel.
[Gaël] Exactement. C'est que pour les Google Pixel.
[Benjamin] Donc on n'est plus du tout dans de l'open source là, on n'est pas dans du logiciel libre puisqu'ils ont rajouté des API qu'ils sont les seuls à pouvoir utiliser.
[Benjamin] Donc on est en train de s'éloigner à toute vitesse d'un modèle logiciel libre open source.
[Gaël] Et puis eux ça leur sert sûrement à gagner des parts de marché ou en tout cas à sortir de nouvelles features.
[Benjamin] toujours sous couvert de "non mais c'est pour protéger" etc, les virus, les
[Gaël] pour le moment.
[Benjamin] terroristes et les pédophiles. On connaît la chanson.
[Gaël] d'autres choses sur Android.
[Benjamin] Non, alors du coup qu'est-ce qu'on va faire, des gens comme GrapheneOS ou /e/OS, je pense qu'ils
[Benjamin] devaient être bien embêtés parce que ils
[Gaël] - Hum.
[Benjamin] sont sur une base AOSP et ils peuvent pas maintenir ce
[Benjamin] système, donc ça veut dire est-ce qu'il faudra aller sur des Sailfish OS ou sur des Ubuntu Touch
[Benjamin] à l'avenir, je sais pas, moi ce que je me dis c'est que
[Benjamin] Peut-être que le côté positif de la chose, s'il devait y en avoir un, c'est que si Google fait n'importe quoi, et là clairement ils font n'importe quoi,
[Benjamin] et bien ça va peut-être motiver et créer un écosystème viable pour les vraies alternatives.
[Benjamin] Parce qu'aujourd'hui, passe le ré, il n'y a pas de vraie alternative à Android.
[Benjamin] Moi j'ai un petit téléphone qui tourne sur Firefox OS, qui n'est plus maintenu depuis très longtemps.
[Gaël] - Ouais.
[Benjamin] Je ne sais même pas s'il a la 3G ce téléphone, donc autant dire qu'il est pas loin de plus être utilisable du tout.
[Benjamin] Et c'était génial, moi j'adorais cet OS, c'était super ouvert, ça faisait ce dont tu as besoin.
[Benjamin] Tu avais des applications et c'est vraiment top.
[Benjamin] Malheureusement ils ont arrêté, donc je ne sais pas ce que vont devenir les écosystèmes libres et open source sur téléphone mobile.
[Benjamin] En tout cas...
[Benjamin] L'heure est à l'inquiétude.
[Gaël] J'ai deux points, déjà quand on dit les quatre clous dans le cercueil, ça me fait un peu penser, tu sais, au signe annonciateur.
[Benjamin] C'est dur à dire, « annonciateur ».
[Gaël] De l'apocalypse, tu sais avec les...
[Benjamin] Les cavaliers de l'Apocalypse, non ?
[Gaël] Mais tu sais, t'as les sauterelles qui arrivent, t'as les grenouilles qui tombent du ciel, etc.
[Gaël] C'est les signes, les trompettes de la mort, etc.
[Benjamin] Avant coureur.
[Gaël] Bah là, c'est un peu la même chose, quoi.
[Gaël] T'as vérification d'identité, 24 heures d'attente, tout ça, qui mène à l'apocalypse.
[Gaël] Et deuxième point, moi, je me demande un petit peu pour les services qui ont besoin,
[Gaël] les entreprises ou même les ministères un peu partout sur terre notamment.
[Gaël] Sûrement tous les ministères des armées un peu partout sur Terre,
[Gaël] ils doivent avoir des systèmes Android et je ne suis pas certain qu'ils aient envie de déployer tout ça sur le Play Store, tu vois.
[Benjamin] Oui, alors il y aura toujours possibilité d'installer des applications sans passer par le Play Store, c'est juste qu'on rend la vie infernale à ceux qui veulent le faire.
[Gaël] - Bah oui, oui.
[Benjamin] Et puis il y a un autre point aussi qu'on n'a pas évoqué mais c'est la possibilité
[Benjamin] de rooter son téléphone et de péter le bootloader pour pouvoir faire ce qu'on veut sur son téléphone.
[Benjamin] Avant c'était tout à fait possible, moi mon tout premier téléphone Android, c'était
[Benjamin] il y a un paquet d'années, dans le manuel utilisateur ils expliquaient comment faire,
[Gaël] - Ah ouais ?
[Benjamin] c'était un Sony.
[Gaël] - Il y a un Sony.
[Gaël] Ok.
[Benjamin] l'époque où Sony faisait encore des téléphones. Enfin, ils faisaient encore des téléphones, c'était
[Benjamin] avant Sony Ericsson, c'était il y a très longtemps, bref. Et ils expliquaient comment faire.
[Benjamin] Et sur les pages du site officiel, ils expliquaient comment faire. Donc c'était pas automatique,
[Benjamin] c'est-à-dire qu'il fallait une opération manuelle. Mais,
[Benjamin] s'était indiqué. Après c'est devenu de moins en moins visible et puis là aujourd'hui sur les grands
[Benjamin] téléphones, en particulier les Samsung et compagnie, c'est plus possible.
[Gaël] - Mmh.
[Benjamin] C'est plus possible. Et c'est
[Benjamin] plus possible pourquoi ? La raison officielle, c'est pour la question de sécurité, pour les applications
[Benjamin] bancaires et les passes de transport pour éviter qu'on puisse péter une application bancaire ou
[Benjamin] falsifier une application de transport.
[Gaël] On passe à la suite.
[Benjamin] façon à la suite.
[Gaël] On voulait parler de caméras, il me semble,
[Benjamin] On voulait parler de caméras "Flock".
[Gaël] dans la grande roue des sujets déjà traités.
[Benjamin] Ouais, parce qu'on en a déjà parlé ici des caméras Flock aux États-Unis pour surveiller un peu tout le monde, alors les automobilistes mais pas qu'eux, donc c'est de la surveillance de masse.
[Gaël] Bon en tout cas, c'est de la surveillance de masse, mais au moins c'est hyper bien sécurisé.
[Benjamin] Oui puisque c'est pas open source.
[Gaël] Donc c'est bon, il n'y a aucun problème avec ces caméras de surveillance.
[Benjamin] Alors il n'y a aucun problème, sauf que Micah Lee, journaliste de son état, a découvert
[Benjamin] que les caméras embarquaient un jeton d'API codé en dur qui était le même pour toutes,
[Gaël] - Mmh.
[Benjamin] et donc il a publié le jeton, alors on
[Gaël] - Mmh.
[Benjamin] ne mettra pas de liens dans les show notes parce
[Benjamin] qu'on ne veut pas être complice
[Gaël] Hmm.
[Benjamin] de ça, mais derrière ça permet d'accéder à des serveurs
[Benjamin] de production.
[Gaël] - Non.
[Benjamin] Donc l'histoire ne dit pas si en catastrophe ils ont mis à jour tous les firmwares de
[Benjamin] leurs caméras pour répudier ce token qui a fuité.
[Gaël] Alors je suppose qu'il l'a pas publié comme ça dans le journal sans prévenir qui que ce soit.
[Benjamin] Il l'a publié sur un réseau social et ça avait l'air quand même assez tendancieux.
[Gaël] Ok.
[Benjamin] Je suis pas sûr que...
[Gaël] qu'il n'est pas en prison aujourd'hui, c'est ça ?
[Benjamin] Ouais c'est ça. Et c'est pour ça qu'on mettra pas de lien dans les show notes
[Gaël] Ouais, ok.
[Benjamin] sur cet élément-là.
[Benjamin] En tout cas, là l'exemple est flagrant parce que 100 % des caméras ont une vulnérabilité qui a été exposée
[Benjamin] et qui surtout amène une vulnérabilité des serveurs.
[Benjamin] Mais plus on collecte d'informations, plus on les rend...
[Benjamin] possiblement accessible parce qu'on augmente la surface d'attaque et la
[Benjamin] surface de fuite et c'est pas parce qu'un système est fermé et maintenu par
[Benjamin] une grande entreprise qu'il est forcément ultra bien sécurisé et là la
[Gaël] Surtout s'il laisse un post-it avec le jeton d'accès sur la caméra.
[Benjamin] preuve par le... ouais c'est ça, la preuve par exemple. Alors je sais pas si tu te
[Benjamin] souviens il y a il y a un paquet d'années
[Benjamin] des rumeurs, il y avait
[Gaël] Alors il y a peu de chance que je m'en souvienne.
[Benjamin] des rumeurs, mais c'était des rumeurs, mais ça m'y fait
[Benjamin] penser c'est exactement la même chose quelqu'un qui s'était fait flasher par
[Benjamin] un radar automatique ça devait être le
[Gaël] Ah ouais, parce que c'est vraiment...
[Benjamin] début des radars automatiques
[Benjamin] Et... et euh... pardon.
[Benjamin] qui a dit « regardez, je me suis arrêté, je me suis fait flasher, vraiment, on est des vaches à lait, les
[Gaël] - Ouais.
[Benjamin] automobilistes, la rengaine classique,
[Benjamin] je me suis garé à côté du radar, regardez la photo que j'ai prise et..."
[Benjamin] sur le radar soi-disant était gravé l'adresse IP du serveur MySQL du radar et le
[Gaël] Ah !
[Benjamin] mec avait dit je suis allé chez moi j'ai
[Gaël] - Je vais te faire la... - Ha ha ha !
[Benjamin] réussi à me connecter au serveur MySQL du radar dont les identifiants étaient admin admin et j'ai pu comme ça modifier ma plaque d'immatriculation, le truc était complètement bidonné mais l'histoire était suffisamment
[Benjamin] rigolotes pour que des gens aient
[Gaël] - Ouais, ok.
[Benjamin] eu envie d'y croire tu vois et le truc s'était répandu comme ça sur les réseaux sociaux de l'époque
[Benjamin] 3615 je sais plus quoi à l'époque, non c'était, non c'était déjà plus
[Gaël] Non parce que c'était déjà plus 3615 à l'époque !
[Benjamin] c'était déjà plus 3615
[Gaël] Ok, oui, bon c'est une jolie histoire maintenant, c'est pas parce que t'as...
[Benjamin] Alors on va peut-être apprendre dans deux semaines qu'en fait cette histoire de tokens d'API Flocks est évidemment aussi.
[Gaël] Oui oui oui !
[Benjamin] Je ne suis pas allé vérifier si la clé d'API fournie fonctionnait vraiment.
[Gaël] Hmm, parce que t'as peur d'aller en prison notamment.
[Benjamin] parce que j'ai pas du tout envie d'aller en prison.
[Gaël] Un sujet qu'on ne traite pas souvent, les bannières de cookies.
[Benjamin] Oui le RGPD, ça faisait longtemps, ça
[Gaël] RGPD, ça faisait longtemps.
[Benjamin] faisait longtemps qu'on n'avait pas parlé du RGPD.
[Benjamin] Non c'est juste que je me suis énervé la semaine dernière sur une bannière de Cookie
[Benjamin] et en fait je pense qu'on est vraiment naïf et c'était une bannière de Futura qui
[Benjamin] publie des trucs assez intéressants, j'aime bien, ouais non si c'est vraiment pas mal
[Benjamin] ce qu'ils font.
[Benjamin] là, la bannière de cookies, le bouton pour refuser les cookies, il était grisé. Donc on est clairement
[Benjamin] dans du dark pattern. Alors au passage, du coup, si on valide le partage de données avec 1 738
[Benjamin] partenaires, toujours sympathiques,
[Benjamin] et la CNIL qui fait...
[Benjamin] et...
[Benjamin] Alors si Aeris était là, il dirait qu'elle
[Gaël] Hmm.
[Benjamin] fait rien, nous on va être plus mesuré, elle fait pas grand chose.
[Benjamin] et... et...
[Benjamin] Elle a quand même émis des consignes sur justement les dark patterns et elle a explicitement dit
[Benjamin] qu'il fallait pas que le bouton refuser soit moins visible que le bouton accepter.
[Benjamin] Donc là on est clairement dans du dark pattern et on est clairement, on contrevient aux recommandations de la CNIL
[Benjamin] et en fait ça m'a fait réagir parce que
[Benjamin] Je pensais que tout le monde s'était mis quand même plus ou moins en accord avec les recommandations de la CNIL.
[Gaël] - Je suis vraiment désolé, mais moi, il y a...
[Gaël] quasiment aucun site web que je visite.
[Gaël] il n'y a pas le bouton "refuser les cookies" qui n'est pas grisé ou
[Benjamin] et planqués.
[Gaël] qui est
[Gaël] planqué, qui est dans un lien quelque part. C'était mieux quand même la vie
[Benjamin] - Non bah c'est moi,
[Gaël] quand il n'y avait pas le RGPD. Tu sais, tu arrivais, on te posait... il n'y avait pas les bannières anti...
[Benjamin] c'est moi, il n'y avait pas les bannières.
[Gaël] Non mais tu sais aujourd'hui il y a un truc de chasse au bandeau cookie et
[Gaël] savoir... Pareil, moi je passe mon temps à ça, mais quels sont les cookies
[Gaël] que je dois laisser pour que le site que je visite, il accepte de pas me mettre sa bannière
[Gaël] de "bon bah ok vous voulez pas venir, alors il faut nous payer 1 euro, 2 euros d'abonnement"
[Gaël] ou un truc comme ça.
[Benjamin] en général c'est assez explicite je trouve. Les journaux qui se basent non pas sur le
[Benjamin] consentement mais du coup sur l'intérêt légitime pour dire ben désolé si tu veux pas de ma
[Benjamin] pub moi je peux pas
[Gaël] -Oui.
[Benjamin] vivre donc tu peux pas consulter le contenu.
[Benjamin] ils sont assez différents en général ces bandeaux et ils te disent ben soit tu payes soit tu prends les cookies
[Benjamin] là c'était pas le cas là c'était soit tu prends les cookies soit soit tu les prends pas
[Benjamin] c'était
[Gaël] Mmh... Naaais...
[Benjamin] vraiment ça
[Benjamin] et
[Benjamin] ben ouais peut-être que c'est moi qui suis un naïf et deux pas très observateur
[Benjamin] peut-être que, sûrement que les bandeaux cookies,
[Benjamin] on en a tellement marre qu'on fait plus trop attention
[Gaël] Et je me dis aussi, je vois de plus en plus de gens qui parlent de ces doubles bandos
[Gaël] cookies, la société qui tue des animaux si tu acceptes pas leurs cookies.
[Benjamin] Ouais, les cookies caritatifs, on en a déjà parlé, il y
[Gaël] - Les cookies qui... - Exactement.
[Benjamin] en a de plus en plus, j'ai l'impression.
[Gaël] de plus en plus s'en parlent et
[Benjamin] - Ouais.
[Gaël] moi j'en croise de moins en moins alors peut-être que je vais être de moins en moins sur les sites
[Gaël] qui utilisent ça quoi
[Benjamin] Moi je les refuse systématiquement et je tue moi-même un petit chat.
[Gaël] Oui parce que c'est le... Alors ils le font aussi, mais...
[Benjamin] Ouais mais je pense que c'est
[Gaël] Ah oui.
[Benjamin] du bluff. Dans le doute, je préfère prendre les devants.
[Gaël] Ok !
[Gaël] Et voilà, je crois que la CNIL en plus, ils allègent un peu leur...
[Benjamin] Ils allègent tous les ans, ils allègent un peu.
[Gaël] Ouais donc c'est foutu...
[Benjamin] C'est pas foutu mais c'est pas super bien engagé.
[Gaël] Désolé avec tous les piratages qu'il y a eu dans tous les cas, ils ont toutes les données.
[Gaël] C'est bon, laissez les cookies rentrer.
[Benjamin] C'est vrai que quand on voit qu'on se fait piller nos données finalement quelques cookies qui retrace notre navigation sur les 6 derniers mois finalement.
[Gaël] Tu voudrais d'ailleurs partager un lien où on peut visiter toutes ces fuites ?
[Benjamin] Bonjour la fuite.
[Gaël] Allez, on enchaîne, ah oui, oulala, la discrimination algorithmique.
[Benjamin] On va pas en parler longtemps parce que sinon on va en parler des heures.
[Gaël] Ouais.
[Benjamin] C'est une étude qui est parue et que j'ai retrouvée dans le site danslesalgorithmes.net
[Benjamin] qui expose que les étudiants aisés ont trois fois plus de chances de voir apparaître
[Benjamin] dans Google les universités offrant les meilleures perspectives.
[Benjamin] Et donc en fait, ce qui est assez incroyable, c'est que Google change ses recommandations
[Benjamin] et ses résultats de recherche par rapport à sa géolocalisation.
[Gaël] avec les mêmes termes de recherche.
[Benjamin] Ouais, t'as
[Gaël] Il n'a pas les mêmes résultats.
[Benjamin] pas les mêmes résultats.
[Gaël] en fonction de là où tu habites.
[Benjamin] Exactement, donc c'est de la…
[Gaël] notamment sur les universités, puisque tu as des universités plutôt haut de gamme ou en tout cas qui dispensent entre guillemets de meilleures formations aux États-Unis, et d'autres qui sont un peu moins réputées.
[Benjamin] qui sont moins réputées, qui sont plus chères, et en fait il y a une forme de discrimination sociale
[Benjamin] et de reproduction sociale qui est opérée par un GAFAM, une grande entreprise, on ne sait pas
[Benjamin] comment fonctionnent ces algorithmes, on ne sait pas comment ils ont été paramétrés.
[Benjamin] à l'ère de l'IA où ça va être encore plus précis, encore plus rapide, ça présage rien de bon.
[Benjamin] Et je pense que la transparence de tous ces outils va devenir vraiment indispensable parce que là,
[Benjamin] on ne parle pas juste de conseiller un matelas à acheter ou faire ses courses, c'est ton avenir que
[Benjamin] que tu joues.
[Gaël] Donc dans les conseils lectures on vous conseille Le meilleur des mondes de Huxley et puis Bienvenue à Gattaca, je sais plus qui c'est.
[Benjamin] Bonnes questions, aucune idée. J'ai vu que le film, j'ai pas lu le livre.
[Gaël] Ah oui, il était pas mal le film aussi.
[Benjamin] Le film était excellent.
[Gaël] Et ben on a dit qu'on en parlerait pas longtemps, moi ça me
[Benjamin] Bon.
[Gaël] révulse, je sais pas si c'est le cas en France.
[Benjamin] Non, c'est l'étude, ne le dis pas.
[Gaël] Parce que rien que sur Google aujourd'hui...
[Benjamin] Mais en France on a Parcoursup, donc t'as quand même un gros algo qui est aussi pas très clair, mais qui est le même pour tout le monde.
[Gaël] Oui mais je veux dire là on parle des universités mais je suppose que c'est le cas pour d'autres choses.
[Benjamin] - Ah oui, oui, bien sûr, oui,
[Gaël] quand tu fais ta recherche.
[Benjamin] oui. Non, mais là, ce qui est intéressant, enfin, ce qui est intéressant,
[Benjamin] ce qui est à la fois intéressant et tragique, c'est qu'on parle d'université, donc on parle vraiment de l'avenir des jeunes.
[Gaël] Mais regarde, si ça se trouve, c'est exactement la même chose avec la recherche d'emploi.
[Gaël] Tu vas taper ta recherche d'emploi à expériences et diplômes similaires, il y en a certains
[Gaël] qui auront peut-être des recherches différentes de d'autres en fonction de...
[Benjamin] Ouais, alors là-dessus je suis peut-être encore naïf mais je pense que les DRH se chargent très bien tout seuls de discriminer, ils n'ont pas
[Gaël] Oui.
[Benjamin] besoin d'algorithmes pour ça.
[Gaël] C'est vrai.
[Gaël] Non mais tu vois, si on parle du sujet sur les universités, on peut parler du sujet sur absolument tout.
[Benjamin] Non mais c'est sûr qu'il y a probablement d'autres domaines où ça s'applique et où c'est pas folichon non plus.
[Gaël] *rire*
[Benjamin] Moi je trouve que le sujet des universités c'est quand même un sujet qui est assez sensible quand on sait
[Benjamin] déjà le stress que c'est pour des jeunes de savoir ce qu'ils vont faire de leur vie et avant ça, ce qu'ils vont faire comme études.
[Gaël] -Oui.
[Benjamin] Est-ce qu'ils vont pouvoir s'inscrire ou comment ? Et si les dés sont pipés avant même d'avoir commencé,
[Benjamin] ça me fait penser, j'ouvre une petite parenthèse, je t'ai envoyé un lien la semaine dernière sur une nouvelle série sur Arte.
[Gaël] Oui, oui, oui.
[Benjamin] sur l'université de Vincennes.
[Gaël] Oui, je t'avais dit que j'avais vu un reportage, je n'ai pas retrouvé le reportage.
[Benjamin] Non je pense qu'il n'est plus en ligne le reportage, mais donc là c'est une série, c'est une fiction.
[Gaël] Ah oui !
[Benjamin] de l'université de Vincennes, c'est très chouette, je recommande.
[Gaël] Parce que du coup on en avait entendu pour la première fois.
[Benjamin] Parce que pour le coup, c'est une université où tout le monde pouvait s'inscrire, il fallait justifier deux ans de feuille de paye.
[Gaël] Exactement.
[Benjamin] à l'époque et la moyenne d'âge des étudiants c'était 46 ans je crois.
[Gaël] Il y avait des cours du soir, etc. Donc il y avait plein de gens qui...
[Benjamin] Et surtout, il y avait des sommités qui venaient dispenser des cours.
[Gaël] Exactement et en
[Benjamin] - Mm-hmm.
[Gaël] plus tu pouvais organiser un petit peu tes... donc c'est l'université libre de Vincennes c'est ça ?
[Gaël] tu pouvais organiser tes cours un peu selon comme tu le voulais etc et à la fin c'était le diplôme
[Gaël] et de ce que je comprends, alors de ce que je me rappelle du reportage que j'avais vu, du jour au lendemain t'as Jacques Chirac qui a demandé à
[Gaël] casser toute l'université.
[Benjamin] Elle a été rasée pendant l'été en trois nuits.
[Gaël] Et maintenant
[Benjamin] - Mmh.
[Gaël] dans le parc de Vincennes, tu as une petite plaque commémorative de "ici était l'université libre de Vincennes".
[Benjamin] Et pour la petite histoire, alors moi j'en avais entendu parler pour la première fois,
[Benjamin] j'étais allé voir une conférence gesticulée de Franck Lepage.
[Gaël] et c'est là où j'en ai entendu parler aussi.
[Benjamin] qui a fait la fac de Vincennes et donc qui en parle en connaissance de cause et qui
[Benjamin] disait qu'une délégation américaine était venue en France pour étudier les universités
[Benjamin] françaises mais en fait tout ce qui les intéressait c'était Vincennes, ils
[Gaël] Ah ouais ?
[Benjamin] étaient venus voir
[Benjamin] Vincennes et ça commençait à prendre de l'ampleur parce qu'elle a existé pendant
[Benjamin] 10 ans et voilà, ça n'a pas duré.
[Gaël] Hmm.
[Benjamin] *souffle*
[Gaël] Bon.
[Benjamin] Voilà.
[Gaël] Voilà.
[Gaël] Exactement.
[Benjamin] Oui, pour le coup il n'était pas manqué, ça dépend de quel
[Gaël] Ouais, t'es vraiment calme.
[Benjamin] côté tu te places.
[Gaël] Ouais.
[Gaël] On s'arrête là, t'as encore d'autres choses à dire sur l'université en général.
[Gaël] Je pense que moi les dés sont pipés dans tous les cas.
[Benjamin] J'ai encore plein de choses à
[Benjamin] dire sur les réseaux sociaux, mais on en parlera la semaine prochaine.
[Gaël] D'accord, promis.
[Benjamin] Merci Gaël.
[Gaël] Merci beaucoup.
[Benjamin] Merci à toutes et à tous, vous avez écouté RdGP, le podcast sérieux qui vous emmène
[Benjamin] au cœur des enjeux des droits numériques, des libertés individuelles et de la vie privée.
[Benjamin] Vous pouvez intervenir à tout moment sur le Fédiverse, en particulier sur Castopod
[Benjamin] en likant, partageant ou commentant cet épisode.
[Benjamin] Ce podcast est hébergé par Castopod, solutions open source, libres et gratuites d'hébergement
[Benjamin] de podcast.
[Benjamin] Merci à toutes et à tous et à la semaine prochaine.
[Gaël] à la prochaine
[Générique] *musique*