[Actu] Fin de l'empire, fin de Windows, fin du Libre
K02:R31

[Actu] Fin de l'empire, fin de Windows, fin du Libre

Deskrivadur ar rann

Cette semaine nous revenons sur la conférence de Cory Doctorow au 39C3 qui annonce un internet post-étasunien. On revient sur la bascule annoncée des postes de l’État de Windows vers Linux. Puis la question qui tue : l’IA est-elle en train de tuer le logiciel Libre ? Enfin, un éloge de la lenteur inspiré du départ des réseaux sociaux du journaliste Grégoire Barbès.

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0:27

[Gaël] Bonjour, vous écoutez RDGP, le podcast sérieux qui vous emmène au cœur des enjeux des droits numériques, des libertés individuelles et de la vie privée.

0:36

[Gaël] Bienvenue dans cette nouvelle revue de l'actuel du mai et aujourd'hui je suis accompagné de Benjamin. Bonjour Benjamin !

0:49

[Gaël] On démarre ce nouveau podcast, cette nouvelle édition, avec un article que tu as transmis,

1:00

[Gaël] Donc si...

1:02

[Gaël] une conférence du 39c3, c'est quoi le 39c3 ?

1:06

[Benjamin] C'est une conférence.

1:12

[Gaël] Tu veux nous en parler un peu ?

1:13

[Benjamin] Non, on va juste mettre le lien. Bon, aussi, allez, on va en parler un peu quand même. Oui, Cory Doctorow, c'est...

1:20

[Benjamin] à la base c'est un auteur de science-fiction qui payait pas de mine et qui rapidement a pris à bras le corps toutes les problématiques

1:29

[Benjamin] de liberté individuelle, de droit d'auteur, de liberté numérique.

1:34

[Gaël] Le jugement de valeur est un jugement personnel et ne représente pas tout RDPG.

1:40

[Gaël] sur la valeur de son travail d'écriture de science-fiction.

1:44

[Benjamin] Ah, bah globalement on peut pas dire que c'est un auteur de science-fiction à succès quoi.

1:51

[Benjamin] Aujourd'hui s'ils vendent des bouquins c'est justement par ces actions militantes.

1:56

[Gaël] Je rigolais, continue.

1:57

[Benjamin] Et donc on a déjà parlé de Cory Doctorow dans ce podcast puisque c'est lui qui est à l'origine du terme enmerdification ou enshitification en anglais.

2:11

[Benjamin] l'ensidification de l'internet, la mérification de l'internet où il racontait en gros comment en trois étapes

2:18

[Benjamin] des services disruptifs absolument superbes devenaient progressivement insupportables pour les utilisateurs, puis pour les clients.

2:26

[Benjamin] puis pour tout le monde, et qu'une fois qu'on y était on ne pouvait plus en sortir.

2:31

[Benjamin] Globalement, un peu le schéma de tous les GAFAM.

2:35

[Benjamin] Et donc on en a déjà parlé et là il a fait donc une conférence

2:41

[Benjamin] ou y défends l'idée d'un Internet post-états-unien.

2:45

[Benjamin] Alors l'article a été traduit par Framasoft, on les en remercie. Il a été traduit à la main par Framasoft d'ailleurs, c'est une traduction faite par des êtres humains sans intelligence artificielle, il faut le noter.

2:59

[Gaël] à la main c'est pas le nom du modèle LLM.

3:01

[Benjamin] Non, non, non, la traduction à la main c'est pas du tout un LLM, ce sont des gens qui... Alors à la main d'ailleurs, est-ce qu'ils l'ont fait à la main ?

3:09

[Benjamin] Bon avec des claviers a priori.

3:11

[Gaël] Oui, sur mon dépôt.

3:12

[Benjamin] sur mon Bepo, je sais pas, j'aimerais bien mais je suis pas sûr.

3:17

[Benjamin] Et en fait son point de vue est...

3:20

[Benjamin] assez éclairant et assez intéressant et globalement dans la lignée de ce que nous on dit depuis...

3:27

[Benjamin] je veux dire depuis un an mais non ça fait pas un an hein, depuis que Donald Trump est arrivé au pouvoir

3:32

[Benjamin] C'est à dire que

3:36

[Benjamin] les états unis poussent le bouchon tellement loin que aujourd'hui

3:43

[Benjamin] et ben c'est le bon moment de leur tourner le dos.

3:47

[Benjamin] Par exemple, il note que la fermeture de USAID

3:52

[Benjamin] qui permettait de venir en aide au pays du tiers monde par des...

3:57

[Benjamin] que ce soit pour des tremblements de terre ou des programmes médicaux.

4:01

[Benjamin] et bien ça servait de levier.

4:04

[Benjamin] Et ça permettait aux États-Unis de dire attention, si vous n'achetez pas chez moi, si vous ne faites pas ce que je veux, je vais vous couper USAID.

4:12

[Benjamin] Et ben comme ils ont coupé...

4:14

[Gaël] Hmm, ils perdent des leviers.

4:15

[Benjamin] et ben il n'y a plus de levier. Et en fait ce qu'il dit c'est que la plupart des leviers qui étaient actionnés ou actionnables, parce qu'en fait ils étaient quasiment jamais actionnés, actionnés par les Etats-Unis, et ben du fait de Trump...

4:28

[Benjamin] et de sa non-négociation, puisque Trump ne négocie jamais.

4:32

[Benjamin] et bien tous ces leviers ont disparu et que c'est le bon moment.

4:36

[Benjamin] Et alors là où c'est intéressant, c'est qu'ils parlent d'un point en particulier

4:42

[Benjamin] qui est toutes les lois, alors il y a d'abord une loi étasunienne qui interdit d'aller détricoter des systèmes pour voir comment ils fonctionnent pour les contourner.

4:53

[Benjamin] Nous on a bien connu ça en France, alors ça a été porté par adopie, c'était l'interdiction de contourner les DRM, etc.

5:03

[Gaël] Et ça marche hyper bien ça en général.

5:05

[Benjamin] Et ça marche hyper bien tu veux dire d'un point de vue technique ou d'un point de vue légal ?

5:09

[Benjamin] d'un point de vue économique.

5:11

[Benjamin] Mais on a criminalisé le fait d'essayer de deviner comment fonctionne un système pour pouvoir éventuellement le contourner.

5:24

[Gaël] dans le brevet tu pouvais trouver tout, comment ça fonctionne techniquement et comment le contourner.

5:30

[Benjamin] Un brevet explique comment ça fonctionne, c'est le principe du brevet.

5:33

[Benjamin] Tu dis ça c'est moi qui l'ai trouvé mais voilà comment ça fonctionne et si ça vous intéresse bah je vous vends un droit d'utilisation du brevet mais le brevet rond le secret, c'est le principe du brevet.

5:43

[Benjamin] Mais les DRM, on sait très bien comment ça fonctionne après.

5:48

[Benjamin] C'est juste que tu as un système de chiffrement à deux clés et que tu caches une des clés sous le paillasson et t'espères que personne va avoir l'idée de regarder sous le paillasson.

5:58

[Benjamin] Mais la problématique n'est pas là, c'est-à-dire que dans le cadre des DRM, on sait très bien que techniquement ça ne tient pas la route.

6:05

[Benjamin] forcément si tu peux le lire tu peux le modifier

6:09

[Benjamin] Là, la problématique, c'est de dire que c'est interdit.

6:13

[Benjamin] Donc c'est très différent, c'est dire bah vous n'avez pas le droit d'essayer de savoir comment ça fonctionne. Et aujourd'hui il y a énormément de géants du numérique.

6:22

[Benjamin] dont les business model

6:24

[Benjamin] ne peuvent survivre que grâce à ça, que parce qu'on n'a pas le droit d'essayer de trouver comment ça fonctionne. Alors il parle des tracteurs, et en particulier de John Deere, quand même le spécialiste pour faire des tracteurs qui seraient tout à fait réparables par des mécaniciens ou des paysans.

6:42

[Benjamin] mais on ne peut pas, car il y a une puce qui détecte que la pièce de remplacement n'est pas une pièce originelle, sur laquelle on a bien payé.

6:54

[Benjamin] et il va refuser de démarrer.

6:56

[Benjamin] Et ça arrive, et ça arrive, et donc aujourd'hui où on parle beaucoup d'obsolescence programmée et de réparabilité des objets, clairement ces lois là, elles prennent la direction inverse. Il y a également Apple puisqu'aujourd'hui...

7:10

[Benjamin] Alors de plus en plus les composants comme les disques durs, la mémoire sont soudés, mais sur les plus récentes générations de matériel Apple, si tu, si t'arrives…

7:20

[Benjamin] à changer un composant pour en mettre un qui n'a pas été validé par Apple, et bien l'ordinateur refusera de fonctionner.

7:28

[Gaël] Ok, donc ça c'est le côté Enchidification et je reviens juste sur...

7:34

[Gaël] La thèse c'est de dire les États-Unis et les GAFA, etc. ils ont été tellement loin...

7:40

[Gaël] Donc en fait maintenant ça donne...

7:44

[Gaël] Y a plus d'excuses.

7:46

[Gaël] Donc les gens sortent peu à peu des systèmes. Je reviens, alors c'est un sujet que j'avais lu, je ne me souviens plus de l'auteur, je ne me souviens plus de l'article.

7:55

[Gaël] Et je me souviens que très vaguement de ce que ça disait. Donc j'en ai mis mes mots bien sûr.

7:57

[Benjamin] Encore un élément bien sourcé.

8:02

[Gaël] mais ça parlait en fait de la fin de la mondialisation.

8:07

[Gaël] de dire en fait, pendant des années où on a eu un capitalisme mondialisé...

8:11

[Gaël] ou en faisant des échanges avec un peu tout le monde, chacun progressait un peu de son côté.

8:16

[Gaël] Et en fait dans l'article ils disent « Cette terre elle est terminée, on est plus sur une… »

8:20

[Gaël] une période néo-phéodale.

8:23

[Gaël] ou l'important, peu importe que tout le monde s'améliore, l'important c'est juste de faire mieux que ton voisin ou ton concurrent.

8:31

[Gaël] Et donc du coup, est-ce que c'est pas juste dans cette ère ?

8:34

[Gaël] si on ferme, si les États-Unis ferment tout, si les GAFAM ferment tout, etc.

8:38

[Gaël] ça ne sert entre guillemets à pas grand monde dans le monde, mais eux ils gardent un avantage.

8:43

[Benjamin] Alors c'est pas ça ce qu'il dit, Curie Doctorow, ce qu'il dit c'est pas qu'ils sont allés tellement loin qu'on s'est dit ah bah là ils sont allés trop loin parce qu'en fait ils étaient déjà allés trop loin il y a un an.

8:54

[Benjamin] Ce qu'il dit c'est que comme Trump a rompu les leviers de négociation en supprimant tout

9:04

[Benjamin] on n'a plus aucune raison d'accepter ces lois, ce qui nous empêche de détricoter des systèmes complètement verrouillés.

9:15

[Benjamin] Et par exemple, demain les États-Unis ne vont pas dire on coupe USA, donc on coupe... Bah non, vous l'avez déjà fait. Et donc c'est plus sur le fait qu'il y a un momentum, et nous on le voit bien, puisqu'on parle aussi beaucoup de logiciels libres, on voit bien qu'aujourd'hui il y a un attrait de plus en plus fort pour les logiciels libres, qui en passant d'ailleurs...

9:38

[Benjamin] sont l'exact contraire de ces lois, puisque le logiciel libre, eh ben, il...

9:43

[Benjamin] il n'y a pas d'interdiction de regarder comment c'est fait et au contraire on fournit tous les codes sources et on fournit des licences

9:50

[Benjamin] qui autorise explicitement à étudier les codes sources, à les modifier et à redistribuer.

9:56

[Benjamin] tant qu'on respecte la licence bien entendu.

10:00

[Benjamin] Et donc le problème, il n'est pas tant sur...

10:05

[Benjamin] espèce de dichotomie entre logiciels fermés et logiciels ouverts, mais plus sur un bras de fer où...

10:14

[Benjamin] En gros, il nous a arraché le bras, tu n'as plus de bras, bon bah maintenant tu vas vraquer à tes occupations et faire ce que tu as envie de faire, de la manière dont tu as envie de le faire.

10:23

[Gaël] Est-ce que tu as envie de nous parler d'un article d'une de tes lectures préférées ? Où justement on a été vaqués à nos occupations et qu'est-ce qu'on a fait ?

10:32

[Benjamin] Alors, ouais, je pense qu'aujourd'hui, donc on en a déjà parlé, on a vu que la Dynum avait annoncé la migration de Windows vers Linux.

10:40

[Benjamin] et une de mes lectures, non pas préférée, mais quand même Gaël, le Figaro en a parlé et ils ont fait tout un article dont on mettra les références dans les show notes bien sûr.

10:54

[Benjamin] et qui parle de comment le ministre David Amiel...

10:59

[Benjamin] nom de la souveraineté numérique et bien justifie la migration des postes de l'état de Windows vers Linux.

11:10

[Benjamin] franchement pas l'air d'être un coup d'épée dans l'eau ou un effet d'annonce, parce que...

11:15

[Benjamin] Il s'agit de cartographier les dépendances, l'observatoire de la souveraineté numérique qui s'y attelle.

11:22

[Benjamin] on est plus sur du long terme et ça rappelle évidemment ce qui a déjà été fait à la gendarmerie nationale puisque...

11:27

[Benjamin] à la fin des années 2000, on rappelle que la gendarmerie nationale est passée sous Linux et que aujourd'hui tout le monde dit « ah mais c'était vraiment une bonne idée ».

11:36

[Benjamin] Nous ça fait longtemps qu'on dit que c'était une bonne idée sauf que là aujourd'hui et bien c'est dans des articles du Figaro que tout le monde va pouvoir lire et puis surtout on rappelle ce qui est arrivé à Nicolas Guyoux, un de la CPI qui s'est vu

11:48

[Benjamin] complètement dépossédé de toute sa vie numérique.

11:52

[Benjamin] Et là on se dit, ah ouais.

11:53

[Benjamin] Et c'est là le changement de panique, mais il est là en fait, c'est-à-dire que tant qu'on disait attention Cuba, Corée du Nord, Iran, on va leur couper Microsoft Word, on disait ouais super, je suis pas concerné, moi je peux l'utiliser.

12:08

[Benjamin] Là, c'est ça, il n'y a plus de levier de négociation, c'est-à-dire que le risque est trop fort.

12:18

[Benjamin] Alors, il y a la méthode douce, hein, c'est de dire...

12:23

[Benjamin] arrête les logiciels privatifs et on passe sur du logiciel libre et puis la méthode un peu plus radicale de Corric Doctoral qui est de dire, en fait les logiciels privatifs qui sont verrouillés, eh ben déverrouillent, on n'a qu'à les déverrouiller.

12:43

[Gaël] C'est un calendrier sas.

12:45

[Gaël] C'était open source avec une version premium et donc là ils ont fait un petit blog de posts pour dire

12:53

[Gaël] Ouais, allez, je vais y aller, je vais...

12:56

[Gaël] Je vais être un peu plus sévère que ce que je voulais être. Mais globalement c'est ouin ouin. L'IA c'est trop dangereux. Donc du coup, vu que c'est dangereux l'IA, on referme tout notre code et maintenant il n'y a plus de code open source. Ouin ouin ouin ouin.

13:11

[Gaël] Je pense qu'on va assister à une vague...

13:14

[Gaël] Parce qu'apparemment il y en a un qui l'a fait

13:16

[Gaël] y'en a d'autres qui vont prendre le créneau.

13:18

[Gaël] et je pense qu'on va avoir une vague de fermeture comme ça de logis qui était open source, qui n'attendait qu'une très très bonne raison pour pouvoir fermer.

13:26

[Gaël] et potentiellement augmenter leurs revenus quoi.

13:28

[Gaël] Donc

13:30

[Gaël] Je pense que c'est la nouvelle vague là.

13:32

[Benjamin] Moi je serais plus nuancé que ça, je pense surtout qu'aujourd'hui avec l'arrivée de l'IA

13:37

[Benjamin] On en a déjà parlé ici, les notions d'open source et de licence libre, parce que tu parles d'open source mais en fait je pense que le vrai enjeu est sur la licence, il n'est pas du tout sur l'open source.

13:50

[Benjamin] tout ça tendance à changer très très vite et on sait pas trop ce qui va se passer et à mon avis c'est plus une réaction de peur, on se dit non mais qu'est ce qui va se passer on va pas prendre de risque

14:00

[Benjamin] Ce qui n'est pas forcément idiot si t'as des actionnaires de justifier que tout ce que t'as fait tu vas...

14:07

[Benjamin] va pas perdre totalement sa valeur du jour au lendemain parce que une IA...

14:11

[Benjamin] va avoir pris ton code, qui est peut-être sous licence à GPL.

14:15

[Benjamin] Donc ça veut dire une licence virale, donc on ne peut pas en faire ce qu'on veut.

14:19

[Gaël] Là c'est sur la sécurité, leur argument c'est sur la sécurité, ils disent vu que le code est ouvert, les IA y ont accès et donc du coup ils vont pouvoir plus facilement attaquer.

14:34

[Benjamin] Ouais mais en fait...

14:36

[Benjamin] il y a un vrai changement de panique qui est en train de s'opérer et...

14:40

[Gaël] Je l'aurais appelé Mito, toi c'était...

14:41

[Benjamin] Et... Non, je ne pense pas.

14:43

[Benjamin] Parce que déjà pour moi c'est un jeu de cartes mytho.

14:46

[Gaël] Ah oui c'est vrai avec des petits escarabées !

14:47

[Benjamin] Et donc non, pas du tout.

14:51

[Benjamin] Non mais ce qui est sûr c'est que aujourd'hui Télite est un logiciel, on l'a vu...

14:57

[Benjamin] Bah déjà s'il n'est pas open source...

14:58

[Benjamin] on sait qu'UNIA va être capable de le décompiler et puis de te redonner le code source quand même, donc la notion d'open source elle a plus beaucoup de sens et sur la notion de licence

15:06

[Benjamin] tu publies sous licence HGPL qui est très restrictif, qui est virale, quelqu'un prend le code source.

15:12

[Benjamin] à l'aide d'une IA le réécrit dans un autre langage et le publie sous licence beaucoup plus permissive type MIT.

15:19

[Benjamin] Ben qu'est-ce que tu vas faire ? Et du coup...

15:22

[Gaël] La valeur n'est pas dans le code. Je pense que ça fait déjà longtemps que la valeur est plus spécialement dans le code.

15:28

[Benjamin] Oui mais elle est où alors ?

15:29

[Gaël] Elle est dans l'industrialisation, dans le fait de continuer.

15:32

[Benjamin] Elle est dans tes clients, dans ta relation, dans... Ouais mais c'est pas évident, on pourrait aussi se dire que...

15:38

[Benjamin] moi une de mes craintes c'est que ce soit le retour des brevets logiciels.

15:44

[Benjamin] globalement on a évité le risque des brevets logiciels, sauf qu'aujourd'hui...

15:49

[Benjamin] tu développes un logiciel, tu dépenses de l'argent, des salaires pour faire de la R&D, pour que des gens travaillent.

15:55

[Benjamin] derrière ils vont concevoir des interfaces, du code source.

16:00

[Benjamin] Jusque là on s'était dit bon bah la valeur ça va être le code source ou on va le mettre en code ouvert mais on va monétiser différemment.

16:07

[Benjamin] Si demain ni l'un ni l'autre n'est protégeable parce que les IA sont capables de tout détricoter, tu vas peut-être te dire « bah finalement faut peut-être que je verrouille la valeur de mon logiciel par des brevets ».

16:18

[Benjamin] et que c'est le brevet qui va me permettre de valoriser le temps de R&D que j'ai dépensé.

16:23

[Gaël] Mais aujourd'hui c'est vraiment sur la partie...

16:26

[Gaël] industrialisation et faire en sorte que ça continue de tourner. Parce qu'en fait si c'est une entreprise, ou un particulier même, t'as pas envie d'avoir un truc qui plante tous les deux jours ou qui n'est plus réparable.

16:35

[Gaël] C'est bien parce que t'as préparé un super conducteur et on parle vraiment pas des trucs que t'as prévu.

16:40

[Benjamin] on va revenir

16:43

[Gaël] des retours en fait de plusieurs directeurs techniques puisque...

16:50

[Gaël] Donc je continue à m'informer et là où on se disait, ok quand les équipes produisent du code IA...

16:56

[Gaël] estimait qu'il fallait quelques semaines, quelques mois avant qu'il y ait des drifts de code et que l'on perde la connaissance.

17:01

[Gaël] En fait aujourd'hui il y a beaucoup de directeurs techniques qui estiment que...

17:05

[Gaël] en quelques jours, t'as déjà perdu la connaissance de ta base de code et t'as...

17:09

[Gaël] et t'as déjà en fait augmenté ta dette.

17:12

[Gaël] Parce que le jour où il faut que tu reprennes ce code, tu sais plus ce qui se passe dans le moteur.

17:18

[Gaël] Et en fait, tu peux réécrire tout le code en MIT, en Apache 2.0 ou quoi que ce soit.

17:24

[Gaël] Est-ce que la personne qui a utilisé cet IA sait comment ça fonctionne ? Est-ce qu'elle sait l'industrialiser ?

17:34

[Benjamin] Alors oui, je vois où tu veux en venir, mais à la limite, si toi t'es l'éditeur originelle du logiciel sous une licence virale type AGPL, peu importe, le risque est trop grand.

17:44

[Benjamin] que la personne qui va pomper ton code pour le réécrire dans un autre langage et le republier sous une autre licence.

17:51

[Benjamin] soit compétente ou pas pour assurer la maintenabilité et la sécurité du code.

17:59

[Benjamin] là tout de suite c'est même pas ton problème, c'est à dire que une fois que tes clients ils sont partis parce qu'ils sont allés voir ailleurs, tu fais quoi ?

18:06

[Benjamin] Et on a vu des boîtes qui fonctionnaient très bien, je pense à Tailwind qui édite un super framework de CSS.

18:13

[Benjamin] dont le business model s'est effondré du jour au lendemain à cause de l'IA.

18:17

[Benjamin] Donc les risques sont là et les business model sur les licences libres...

18:24

[Benjamin] on sait qu'ils sont plus compliqués et qu'ils ont mis du temps à se construire.

18:28

[Benjamin] Donc moi je peux comprendre qu'en tant que chef d'entreprise, eh ben tu te dis ouh là non mais là je sais pas ce qui va se passer. En fait c'est même pas j'ai peur de ça, c'est je sais pas ce qui va se passer.

18:38

[Benjamin] peut-être temporairement, peut-être définitivement, on va prendre des mesures un peu violentes.

18:47

[Benjamin] Et puis le coup de la sécurité, c'est peut-être une excuse, parce qu'une fois que le code a été publié, celui-là...

18:55

[Benjamin] a priori c'est trop tard.

18:57

[Benjamin] et ça va juste te protéger de tes prochains bugs et pas de ceux que tu avais fait avant.

19:04

[Benjamin] Mais c'est peut-être aussi juste un argument qui passe mieux que de dire...

19:08

[Benjamin] Je sais pas trop ce qui va arriver donc je prends pas de risque.

19:10

[Gaël] Bon, je pense que c'est mieux d'être ouvert, et en tout cas moi ça me toucherait beaucoup plus que des faux arguments de sécurité qui sont les mêmes en fait que les détracteurs de l'open source depuis des années.

19:23

[Gaël] Et je te propose qu'on reprenne...

19:26

[Gaël] notre conducteur.

19:27

[Benjamin] Eh bien reprenons, reprenons !

19:29

[Gaël] puisque tu parlais de tracteur tout à l'heure.

19:31

[Benjamin] je parlais de tracteur.

19:36

[Gaël] Non, aucune transi classe parce que on va sauter un sujet et on va passer directement...

19:43

[Gaël] Grégoire Barbet

19:47

[Benjamin] il nous suggère de ralentir. Alors il le dit pas comme ça.

19:50

[Gaël] d'où le conducteur.

19:52

[Benjamin] D'où le conducteur.

19:54

[Benjamin] Grégoire Barbès est un journaliste.

19:57

[Benjamin] depuis 18 ans sur les réseaux sociaux et il a publié sur son blog

20:03

[Benjamin] important de le dire, il a publié sur son blog, alors il a un peu, il en a reparlé un peu sur les réseaux sociaux mais il a publié sur son blog pour dire que le 24 avril 2026 il supprime tous ses comptes de réseaux sociaux.

20:16

[Benjamin] Alors il dit pas qu'il arrête les réseaux sociaux des GAFA, il dit qu'il arrête tout.

20:24

[Benjamin] parce que quand même faut pas déconner

20:25

[Benjamin] donc il va garder je crois LinkedIn et Mastodon.

20:28

[Gaël] LinkedIn je comprends que c'est pour des raisons professionnelles, c'est pour bosser.

20:32

[Benjamin] Bon après c'est toujours un peu pareil mais bon ok on comprend.

20:36

[Benjamin] et parce qu'il conserve sa newsletter et son site web.

20:42

[Benjamin] mais ils pensent que l'instantanéité des réseaux sociaux, ça nuit gravement à la réflexion.

20:52

[Benjamin] Ce qui me paraît pas être complètement dénué de sens, et d'ailleurs j'ai envie de dire...

20:57

[Benjamin] Il faudrait lui suggérer d'avoir un podcast, parce que le podcast c'est quand même le réseau social le plus ancien.

21:05

[Benjamin] et du temps long.

21:08

[Benjamin] On écoute très rarement un podcast en direct.

21:12

[Benjamin] D'ailleurs j'aimerais bien qu'on fasse un épisode en direct...

21:16

[Benjamin] Mais bon, en Bretagne, ça serait pas mal.

21:20

[Benjamin] Non mais voilà, c'est jamais du direct un podcast, on l'écoute le soir, le lendemain et encore il y a toujours un temps de montage donc souvent un podcast on l'écoute trop souvent.

21:31

[Benjamin] 3, 4, une semaine, un mois, deux mois, voire six mois après qu'il a été fait.

21:36

[Gaël] C'est le cas d'ailleurs pour notre podcast, là on est 6 mois en arrière de quand vous l'écoutez.

21:42

[Benjamin] Là, oui, on est à Noël 2024. Joyeux Noël ! Non, pas du tout.

21:48

[Benjamin] et je trouve ça assez intéressant.

21:51

[Benjamin] Et moi je me suis dit, ouais ben...

21:53

[Benjamin] Je pense aussi que c'est pour ça que j'aime bien faire du podcast, c'est parce qu'on prend le temps, on ne réagit pas sur le vif, sur le moment, on dit « est-ce qu'on est d'accord, pas d'accord », et puis derrière les gens prennent aussi le temps de réagir. Et donc je trouve que c'est…

22:09

[Benjamin] assez instructif et assez intéressant et je suis prêt à parier qu'il ne sera pas le dernier.

22:16

[Benjamin] quitter les réseaux sociaux.

22:17

[Gaël] surtout pour un journaliste, c'est hyper important parce que...

22:21

[Gaël] On avait beaucoup de journalistes qui étaient sur Twitter, qui prenaient toutes leurs sources directement depuis Twitter.

22:33

[Gaël] Et je pense qu'effectivement la...

22:37

[Gaël] la rapidité de l'information.

22:38

[Gaël] sans juger de l'information en tant que tel, mais la rapidité de l'information.

22:43

[Gaël] on n'est plus sur la réflexion journalistique.

22:47

[Gaël] On est sur le commentaire, la réaction à chaud.

22:52

[Gaël] Et je pense en effet que revenir en fait à du travail journalistique de fond c'est important.

22:57

[Benjamin] C'est un peu ce qu'on voit sur les plateaux télé, on sait très bien aujourd'hui pourquoi il y a autant d'experts et de plateaux télé avec 10 personnes autour de la table.

23:08

[Benjamin] plutôt qu'un journaliste et puis un correspondant local qui parle du sujet qui est évoqué.

23:13

[Benjamin] c'est qu'avoir des correspondants sur place ça coûte très cher.

23:16

[Benjamin] Il faut envoyer les gens sur place, ça prend du temps.

23:19

[Benjamin] il faut enquêter alors que demander à un expert autoproclamé de venir dire son avis

23:26

[Benjamin] ça coûte pas grand chose, voire ça coûte rien du tout.

23:30

[Benjamin] et puis on peut répondre paf paf comme ça du tac au tac alors que le correspondant il faut l'envoyer sur place etc.

23:37

[Benjamin] C'est sûr que dans le traitement de l'information, ralentir, prendre son temps...

23:43

[Benjamin] Ça coûte aussi plus cher mais on va forcément gagner en qualité.

23:47

[Gaël] Ouais bah c'est très drôle parce qu'on en parle et ça me fait penser une vidéo de Blast... Tadadid... Sur les sondages !

23:59

[Gaël] Je sais pas trop quoi, là, je suis à manipuler.

24:03

[Gaël] Voilà.

24:04

[Gaël] qui parle en fait du travail de journalisme, pourquoi est-ce que c'est plus facile de juste mettre en place des sondages et de les commenter sur les plateaux télé etc.

24:13

[Gaël] Donc oui, je pense que c'est bien de ralentir si quelqu'un voulait monter un podcast.

24:23

[Benjamin] J'en connais pas.

24:31

[Gaël] C'est pas une comédie musicale ça ?

24:33

[Gaël] ou un personnage dans Tintin.

24:35

[Benjamin] dans Tintin... à Castafiore ? Ouais, Castafiore. Non !

24:42

[Benjamin] Non mais c'est sûr que le podcast...

24:46

[Benjamin] C'est... On sort du café.

24:49

[Benjamin] on essaye de sortir du café du commerce. Je nous regarde là, je me dis, est-ce que je serais pas en train de m'avancer un petit peu quand même ?

24:56

[Benjamin] Non mais oui, quand on prend le temps, on sort de la réflexion du café du commerce.

25:02

[Benjamin] sur les plateaux télé et sur les réseaux sociaux.

25:07

[Benjamin] assez contents de voir que des journalistes se mettent à réfléchir.

25:11

[Benjamin] et prendre un peu de recul par rapport au flot d'informations.

25:16

[Benjamin] auxquelles on est soumis de manière quotidienne.

25:19

[Gaël] Est-ce qu'on le cite très rapidement avant de clore cet épisode ? L'article du canard que tu as ajouté.

25:28

[Benjamin] Le canard enchaîné qui cette semaine nous parle du retour de chat-control.

25:34

[Benjamin] Je vous invite à aller le lire.

25:38

[Benjamin] On mettra pas le lien parce que le canard enchaîné n'est pas sur internet en accès libre.

25:45

[Benjamin] Donc je vous invite à aller dans un kiosque à journaux.

25:59

[Gaël] Et puis bon, nous pour le coup on est...

26:14

[Gaël] il faudra toujours se battre.

26:15

[Benjamin] Il faudra toujours dire non.

26:17

[Benjamin] important de dire non.

26:20

[Gaël] Est-ce que t'avais d'autres choses à dire ?

26:22

[Benjamin] Ouais, j'avais plein d'autres choses mais on a plus le temps.

26:25

[Gaël] Maintenant il y a les croquettes du chat qui viennent de tomber.

26:27

[Benjamin] Les croquettes, ouais. L'or des croquettes, ça veut dire que c'est l'heure.

26:30

[Gaël] On se souhaite une bonne fin de journée !

26:32

[Benjamin] Bonne fin de journée, une excellente semaine !

26:36

[Benjamin] Vous avez écouté R.D.G.P, le podcast sérieux qui vous emmène au cœur des enjeux des droits numériques, des libertés individuelles et de la vie privée.

26:45

[Benjamin] Castopod, solution open source libre et gratuite d'hébergement de podcast.

26:49

[Benjamin] N'oubliez pas que vous pouvez interagir avec nous sur le Fediverse et en particulier sur Mastodon.

26:55

[Benjamin] en likant, repartageant ou répondant à cet épisode.

27:00

[Benjamin] Merci à toutes et à tous, et à la semaine prochaine !